“Sortir” du nucléaire, en une leçon simple

En France, le drame japonais s’est transformé (pour ne pas changer) en une hystérie médiatique “autour” de la menace nucléaire et sur la nécessité d’en “sortir”.

Je reviendrai peut-être dans un autre billet sur cette notion de “sortir du nucléaire”, qui est à peu près totalement vide de sens. En attendant, voici quand même un conseil simple pour réduire notre dépendance au nucléaire, en un seul clic :

Appuyez sur l’interrupteur.

Sans blague, comptez le nombre d’ampoules allumées chez vous (je l’ai fait, dans notre deux pièces : 6 !). Comptez le nombre de postes de TV ou d’ordinateurs allumés (3), comptez les appareils inutilement laissés en veilles (7). Etc. Comptons tous ces watts que nous consommons sans jamais nous demander d’où ils viennent.

Oui, je sais, vous me direz que “c’est pas éteindre mon ampoule de 60W qui sauvera une sardine en Antarctique, ou qui empêchera une centrale nucléaire d’exploser”. Je suis bien d’accord. Cela dit, nous sommes un peu plus de 20.000.000 de foyers, en France, à utiliser au moins une ampoule ce soir, là maintenant. Faites le calcul : ça doit en faire des watts, juste pour une ampoule.

L’avantage de mon conseil, c’est que non seulement il est simple à mettre en oeuvre, mais c’est aussi qu’il remet entre nos mains ce qui n’aurait jamais dû nous échapper : le contrôle de l’énergie. Peut-être pas le contrôle des centrales électriques elles-mêmes, mais du choix de consommer leur électricité, ou pas.

Ce choix n’est pas entre les mains des industriels qui ne cherchent qu’à maximiser leurs profits, il n’est pas entre les mains de politiciens qui sont incompétents quand ils ne sont pas corrompus. Il est entre nos mains.

Parce qu’il faudra bien le comprendre un jour ou l’autre : l’électricité (nucléaire ou pas) produite en France elle n’est pas stockée dans des petits pots de confiture avec une jolie étiquette rédigée à la plume “électricité pur jus, Mars 2011”, pour dans dix ans. Chaque bon dieu de watt produit est consommé — par nous. Il est consommé pour maintenir notre train de vie actuel, cette “guirlandisationdenoel” de notre vie quotidienne qui exige beaucoup d’énergie. Point final.

Au lieu de maudire l’origine de cette électricité que nous consommons avec tant d’avidité, consommons-en moins. C’est le premier pas, le seul que je conçoive, pour sortir non pas du nucléaire, mais de la logique suicidaire qui l’a rendu nécessaire.

Allez, assez de ronchonnements, je vous fiche la paix. Je retourne prendre ma dose de “presse” alarmiste, ça fait tellement de bien ce non-journalisme qui invite à ne surtout pas réfléchir, juste à s’inquiéter et à se ronger les ongles, ou à pleurnicher.