C’est une de ces ‘petites’ choses qui rend le Mac si agréable à utiliser pour un auteur: la plupart des caractères spéciaux sont accessibles via un raccourci clavier.

Les caractères spéciaux? Ben oui, ces trucs tout con mais indispensables ou presque quand tu écris en french: É, È, À etc. Le tiret cadratin — ce tiret plus long que le modeste signe moins (-) — que l’on utilise pour marquer les lignes de dialogues dans un récit ou pour marquer une incise dans une phrase. Les guillemets courbes, si chers à la typographie française, que vous appréciez d’avoir sous la main lorsque vous écrivez dans un éditeur de texte qui lui, francophobe assumé, insiste pour vous faire employer des guillemets droits (""). Mais aussi les ← →, ou le ©, etc. Bref, y en a un paquet et c’est sympa de pouvoir facilement les taper sans avoir à mémoriser des codes numériques abstraits (hello, Windows).

Les caractères disponibles et les raccourcis diffèrent selon le layout de votre clavier (azerty, en général pour les utilisateurs français mais j’ai expliqué ici comment faire avec un clavier Mac qwerty).

Ainsi, sous macOS donc, les majuscules accentuées sont accessibles en appuyant sur Capslock + la lettre accentuée: Capslock + é donnera É, Capslock + à pour À, etc. Le tiret cadratin c’est Maj + Alt + -. Le symbole de © c’est Alt + c, Etc. Rien de bien compliqué à mémoriser.

La bonne nouvelle, c’est que c’est aussi facile sous Linux — l’un peu moins bonne nouvelle, c’est que les racccourcis différent parfois du Mac, mais ça n’embêtera que les transfuges dans mon genre — et la très, très bonne nouvelle c’est que cest d’une simplicité enfantine à configurer puisqu’il suffit d’indiquer à Linux d’utiliser une version alternative du clavier azerty que vous utilisez déjà.

Sous XFCE, ça se fait dans Settings→Keyboard. Ouvrez l’onglet Layout pour afficher la liste de vos claviers et cliquez sur +Add. Si vous avez un clavier azerty français, trouvez l’entrée French→French (alt.) et validez. C’est tout, votre nouvau clavier est configuré. Vous pouvez d’ailleurs supprimer votre ancien clavier azerty, non-alt: celui-ci le remplace.

Voilà à quoi ça ressemble chez moi:

Panneau de configuration du clavier sous XFCE

Yep, j’utilise deux claviers azerty alternatifs, un Belge et Français, selon… l’heure à laquelle j’écris. Rassurez-vous, c’est pas totalement un caprice de geek: en journée, j’utilise le clavier FR. C’est un modèle mécanique dont, pour le dire gentiment, le silence de fonctionnement — le claquement des touches — n’est pas la qualité première. La nuit, je passe sur le clavier Belge. C’est un clavier Cherry à ciseaux (aka non-mécanique et donc silencieux) mais néanmoins très agréable à utiliser, sur lequel je peux marteler les touches jusqu’à pas d’heure, sans crainte de réveiller ma moitié qui dort paisiblement dans la pièce à côté.

Pas de clavier qwerty? Pas encore, j’attends encore d’un trouver un qui me convienne et qui ne coûte pas un rein et un bras.

Quelques raccourcis

Parmi la poignée de raccourcis que j’utilise régulièrement, sous Linux:

  • Les majuscules accentuées, c’est comme sous macOS: Capslock + la lettre accentuée.
  • «, c’est AltGr + w (pour éviter tout malentendu: si vous utilisez un traitement de texte classique, comme LibreOffice Writer ou Abiword, le support des guillemets français est natif, pas besoin de passer par un raccourci: c’est utile lorsque vous écrivez dans un simple éditeur de texte).
  • », c’est AltGr + x (pour éviter tout malentendu: si vous utilisez un traitement de texte classique, comme LibreOffice Writer ou Abiword, le support des guillemets français est natif, pas besoin de passer par un raccourci: c’est utile lorsque vous écrivez dans un simple éditeur de texte).
  • —, c’est shift +AltGR +' (l’apostrophe, sous le 4)
  • →, c’est Shift + AltGr + n

C’est pas énorme comme liste, c’est certain mais vu que je les emploie à longueur de texte ça m’arrange de les avoir en permanence et facilement accessibles — peu importe le logiciel dans lequel j’écris.

Et les espaces insécables, les espaces fines et demi-fines? Le quart, le tiers ou le demi, sans oublier le deux-tiers de cadratin? T’en as fait quoi, sagouin?

OK, j’ai pas dit un mot sur la gestion des espaces spécifique à la typographie française. Pour être franc: j’ai décidé de ne plus m’en soucier.

(Ici, une courte pause, la tête baissée et les yeux rivés sur le bout de mes baskets, pour laisser aux défenseurs de la langue le temps de s’égosiller et de me qualifier de tous les noms. Mmm, faudra vraiment que je pense à acheter de nouveaux lacets.)

D’abord, parce que déjà du temps où je faisais du print je trouvais ça inutilement complexe. Ensuite, et surtout, parce que je n’écris plus du tout pour le print. J’écris pour être lu sur écran(s). Et que ce soit du HTML, le format Kindle ou EPUB (sous le capot, c’est tous du HTML) si vous espérez produire un fichier qui soit lisible sans trop de soucis sur la majorité des écrans, la gestion des espaces typographiques sera… rudimentaire, au mieux (même la gestion des espaces insécables est foireuse). Je préfère m’occuper d’autres sujets.