1 + 1 = beaucoup

Je parlai d’emprunter les livres à la bibliothèque et donc de faire des économies.

Combien d’économies ? Relativement gros lecteur, je me suis amusé à faire un calcul hautement savant (sur les supercalculateurs de la HADOPI, que je remercie ici d’avoir bien voulu distraire ses machines de leur traque habituelle des terroristes acnéiques du Web). Calculs savants, disais-je, dont je souhaite partager avec vous les résultats.

Je lis entre 2 et 5 livres par mois. Mettons que chaque livre coûte 15 € (c’est une estimation grossière). Ce qui donne :

  • 2 livres par mois, cela fait 24 livres par an, à 15 € = 360 €
  • 5 livres par mois, cela fait 60 livres par an, à 15 € = 900 €

Une économie de, au minimum, 360 à 900 € par an et cela — c’est un détail qui a toute son importance — sans se priver du plaisir de lire.

Le calcul vaut aussi pour les CD et DVD. Sauf que pour eux, il faut payer une cotisation annuelle de 30 ou 60 €, étonnante différence de traitement entre des produits culturels. Mais un montant rapidement amorti vu le prix des disques (ou de leur équivalent en téléchargement légaloups, j’ai failli marcher dedans).

Peu importe, en fait, le nombre ou le prix des livres (ou des CD ou DVD), il en suffit d’un pour réaliser qu’on peut consommer sans forcément dépenser (et sans pirater). Pour réaliser qu’on peut lire (ou regarder un film ou écouter de la musique) sans forcément accumuler les objets (ou les octets). C’est peut-être bien ça le plus intéressant : une autre relation à l’objet, qui n’exige plus qu’on le possède pour en jouir.

Une approche qui est à des années-lumière de cet état d’esprit dans lequel les média — bien dressés par l’industrie et par les annonceurs, avec notre complicité bienveillante — nous font baigner où, pour être, il faut avoir.

L’idée qu’il n’est pas nécessaire d’avoir chez moi, pour mon usage exclusif, tous les livres que je veux lire (ou les DVD ou les CD). Qu’un même livre puisse servir à plusieurs lecteurs. Que partager, en quelque sorte, ne devrait pas se limiter aux fichiers numériques multimédias.

Accessoirement, c’est peut-être aussi une façon simple mais concrète de moins consommer, au sens écologique cette fois : moins consommer de papier, pour imprimer les livres, consommer moins de carburant pour transporter le papier depuis l’Amazonie jusqu’ici, puis transporter les livres de l’imprimeur jusqu’aux diffuseurs, puis aux libraires.

Rien de neuf sous le soleil, me direz-vous. Disons que c’est une piqure de rappel, en ce qui me concerne.

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Avoir un livre, pour montrer qu’on est cultivé

L’idée n’est évidemment pas d’arrêter d’acheter des livres — pas de panique, Xavier 😉  — mais de n’acheter que ceux que je souhaite vraiment garder à portée de main après les avoir lus. Ou ceux que je ne trouve pas en bibliothèque.