Karl pique une gueulante bien légitime sur les problèmes de droits à l’image, en prenant l’exemple de la tour Eiffel.
Il (nous) invite à entrer en résistance. Je ne sais pas si c’est à prendre au pied de la lettre, mais vu que ses photos sont plutôt très bonnes, peut-être il faudrait l’écouter ? Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est là encore un signe qui pourrait être mal perçu.
Dans la série des exemples amusants,on ajoutera la MEP (Flash inside) : la très officielle Maison Européenne de la Photographie interdit l’usage de l’appareil photo dans ses murs. Sans rire.
Le billet auquel il fait référence indique que la société qui est propriétaire des droits à l’image de l’éclairage de la tour Eiffel et par conséquent — ah bon ? — de l’image de la ferraille centenaire, n’envisage pas d’interdire aux particuliers de la photographier, seulement d’en interdire une utilisation commerciale. Ca ne fait que déplacer le problème, on reste à la merci de leur bon vouloir.
La question du droit à l’image doit être posée, mais il faut en passer par une loi et plus par cette jurisprudence incertaine qui permet des excès dans tous les sens.
Le problème est très vaste et flou. Selon ce que je sais de la jurisprudence française, il n’est pas permis de photographier les personnes ou les bâtiments/objets/animaux identifiables et de les publier sans le consentement écrit de leur propriétaire, même sur un site web personnel, même si c’est dans le cadre d’une photo plus large (paysage par exemple), même si le quidam se place devant l’objectif en souriant.
Demandons-nous ce que pourraient exposer les musées si cette jurisprudence avait prévalu depuis le début de la photographie ?
Ca me rappelle une de mes première sortie photo à Paris, à la Bibliothèque François Mittérand (je photographiais sur l’esplanade, pas dans les bâtiments). J’avais probablement un air un peu trop sérieux avec plusieurs objectifs et un gros trépied (ou était-ce ma barbe ?), car la police — le saviez-vous ? Il y a une section de police résidente à la Richelieu ! — est venue m’interpeller (gentiment) pour vérifier si… je n’étais pas un photographe professionnel venu travailler sans autorisation !
Les policiers étaient vraiment gentils, la question n’est pas là, mais ils m’ont bombardés de questions pendant quasiment 10 minutes pour s’assurer de… quoi ? Que je n’étais pas un voleur d’images ? Vous imaginez ma tête : je ne savais même pas que ça existait, ça, une autorisation de photographier.
Comme le dit Karl on va finir par nous empêcher de prendre la ville en photographie. (Rassurons-nous, on continuera à nous vendre des appareils photos toujours plus perfectionnés, avec un téléphone intégré pour partager ces photos qu’on a pas le droit de prendre avec le monde entier). En fait, on assiste à quelques (?) tentatives de s’approprier les espaces publics (ou libres), leur privatisation et leur marchandisation. Mais c’est une autre question qui mériterait bien plus de nuances et… il faut que je commence à bosser !
Pour mémoire, une exception appréciable dans ce monde non-droit à la photographie (dont je parle ici) : le musée du Louvre ouvre ses portes aux photographes, dans certaines limites.
Sans oublier le magazine « Réponse Photo » (pas de site web !) qui fait tout ce qu’il peut pour pousser les hommes politiques français à faire une loi claire et nette sur le droit à l’image.
