Ulysses sur iPad

L’arrivée de Ulysses sur iPad met(tra — c’est encore une beta et tout n’est pas fonctionnel) un terme à ce qui a toujours été le plus gros problème de Ulysses, à mes yeux : n’exister que sur le Mac.

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J’en ai déjà parlé. Ulysses exige de travailler d’une autre façon et c’était à la fois ce qui me séduisait le plus et ce qui me faisait le plus hésiter : pour vraiment profiter de Ulysses, il faut renoncer à accéder directement à nos fichiers, à les manipuler nous-mêmes. Il faut laisser l’application s’en charger à notre place, ou alors il faut se résoudre à ne pas exploiter à fond le potentiel de Ulysses — ce qui n’a aucun sens : à quoi bon acheter une app aussi géniale si c’est pour ne pas l’utiliser vraiment ?

Car, à l’usage, tout déléguer à Ulysses se révèle génial : il n’y a plus besoin de penser à rien, sauf à écrire. Et on le fait dans Ulysses avec une souplesse et un confort qui n’existe presque nulle part ailleurs (dans Scrivener, ou à la rigueur dans Notational Velocity). Mais avec comme conséquence de se retrouver coincé dans une seule application capable d’ouvrir nos textes — sauf à les exporter et/ou les importer ou à jouer du copier-coller… ce qui est en complète contradiction avec le choix du format TXT et de Markdown qui sont censés, justement, nous libérer de ce genre de contraintes.

Pour profiter de Ulysses, on se retrouvait donc ainsi coincé dans une application et sur le Mac. Il y a bien Daedalus Touch, sur iOS, mais — je crois avoir assez râlé à ce sujet, depuis qu’il existe — il n’offre qu’une compatibilité limitée/imparfaite avec Ulysses, et qu’un maigre subset de ses possibilités : pas de commentaires, images,… ni la même présentation du texte. Oui, j’apprécie un minimum de mise en page, que ça ne vous empêche pas de dormir.

Ulysses arrivant sur iOS règle tout ça. Bravo !

Ajoutons à cela les expérimentations de ses développeurs, avec quelques autres dont le développeur de l’excellent Marked, autour de TextBundle et cela termine de me rassurer sur la possibilité de renoncer à mes précieux fichiers traditionnels — pour tout confier à une grosse base de données, comme le dit François Bon, autre enthousiaste de Ulysses.

Depuis quelques jours que j’ai installé la beta de Ulysses sur l’iPad, j’écris indifféremment sur le Mac ou sur l’iPad. Plus exactement, j’écris de la même manière sur l’un ou l’autre. Et c’est le pied.

Je reste persuadé que Ulysses gagnerait à moins dépendre des outils de Apple. Non seulement pour la syncro (iCloud est loin d’être génial), mais aussi en offrant une option de sauvegarde qui ne soit pas dépendante des outils de versions de Apple, et qui rassure les utilisateurs amoureux des fichiers traditionnels mais, même comme ça, c’est génial et c’est… difficile d’imaginer y renoncer.

Accessoirement, Ulysses sur iPad c’est aussi la confirmation d’un choix très personnel, qui ne m’a pas valu que des amitiés : celui de ne plus m’embêter à tester tout ce qui sort, acheter chaque nouvel éditeur Markdown, pour voir s’il est intéressant ou ce qu’il offre de plus ou de mieux que tous les autres.

Je n’ai plus besoin de chercher ailleurs une solution qui réponde — presque — parfaitement à mes besoins : cette application est maintenant installée sur mon Mac et sur mon iPad.

Presque ? Oui, car je rêve toujours d’un Ulysses adapté aux blogs, ça finira bien par arriver 😉

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