Rayons cosmiques, Platon, Avatar et DIY

 

Space is a desert unlike anything encountered on Earth. The human body is not configured to be able to survive in the cold, dark vacuum of this unearthly realm; creatures of this planet were never meant to go into space. We can only go there if we make machines to take and provide us with all the necessary things our bodies need to stay alive.
To survive and thrive in this machine-dominated environment, we need to know how those machines work and how to maintain them. This takes a strong background in technical subjects—mathematics, science, and engineering. These subjects are interesting, and for many people, mostly fun. But they can be difficult to master.
The theoretical basis for our machines must be understood, but we must also have the practical hands-on mechanical-electrical skills needed to keep them running and fix them when they break down.

Don Pettit: Flashes of Reality

Ce qui pourrait se traduire :

L’espace est un désert sans équivalent sur Terre. Le corps humain n’est pas configuré pour pouvoir survivre dans le sombre et froid vide de ce royaume non-terrestre. Les créatures de cette planète n’ont jamais été conçues pour aller dans l’espace. Nous ne pouvons y aller que si nous fabriquons des machines pour emporter avec nous et nous fournir toutes les choses nécessaires dont nos corps ont besoin pour rester en vie.

Pour survivre et prospérer dans cet environnement dominé par la machine, nous devons savoir comment fonctionnent ces machines et savoir les entretenir. Cela demande un fort bagage dans des sujets techniques—mathématiques, sciences et ingénierie. Ces matières sont intéressantes et, pour bien des gens, plutôt amusantes. Mais elles peuvent être difficiles à maitriser.

Les bases théoriques des machines doivent être comprises mais nous devons aussi avoir un savoir-faire pratique des compétences mécaniques et électriques pour les maintenir en fonctionnement et pour les réparer quand elles tombent en panne.

L’importance de maitriser nos outils… selon l’usage qu’on en a (tout le monde n’est pas un astronaute), c’est un sujet dont nous avons souvent parlé ici : Quand la technologie s’efface (par exemple).

Et parce que le billet de Pettit est passionnant du début à la fin, et parce qu’il ne se cantonne pas à réfléchir à notre rapport à la technologie :

When a cosmic ray happens to pass through the retina it causes the rods and cones to fire, and you perceive a flash of light that is really not there.

(…)
Our brain interprets its sensory input and creates a map of reality. Philosophers have for centuries contemplated this question. As Plato wrote, we see only the shadows of a larger and richer reality. On Space Station, I drift off to sleep, thinking of the nature of the “real” universe while observing my personal reality of dancing fairies.

Ce que je traduis :

Lorsqu’un rayon cosmique passe à travers la rétine (de l’œil humain), il stimule les cônes et les bâtonnets, vous percevez alors un flash de lumière qui n’est pas vraiment là.

(…)

Notre cerveau interprète ses perceptions sensorielle et crée une carte de la réalité. Depuis des siècles, les philosophes ont considéré cette question. Comme l’écrivait Platon, nous ne voyons que les ombres d’une réalité plus vaste et plus riche. Sur la station spatiale, quand le sommeil m’emporte, je pense à la nature de l’univers “réel”, tout en observant ma réalité toute personnelle de fées dansantes.

 

ISS024-E-014263 (11 Sept. 2010) --- NASA astronaut Tracy Caldwell Dyson, Expedition 24 flight engineer, looks through a window in the Cupola of the International Space Station. A blue and white part of Earth and the blackness of space are visible through the windows.
NASA/Tracy Caldwell Dyson.

Notre confrontation à l’espace, ce vide qu’on dit infini, nos efforts pour y survivre, c’est aussi de la science-fiction. Depuis quelques années, une bonne part de la SF, du moins celle qui est la plus visible, semble surtout s’intéresser aux questions de sociétés (liberté, vie privée, surveillance, cyberespace, réalités virtuelles, clonages, etc.) et semble avoir oublié l’espace—qui n’est pas qu’uns sujet pour du space opera bourrin façon Guerre des étoiles ou Star Trek.

Je n‘ai rien contre le sace opera mais, trop souvent, le côté “SF” n’est jamais plus qu’un prétexte ou un décors exotique pour une histoire qui n’a rien de science-fictionnesque : Avatar, pour prendre un film que tout le monde a vu, n’est jamais qu’un Western avec de grands indiens bleus en guise de peau-rouges, des marines qui montent des hélicoptères en guise de cowboys et un gros vaisseau volant, en guise de cheval de fer…

Oublié, l’espace ? OK, j’exagère. En fait, il y a pas mal de textes de “SF dure” (aka, “hard SF”) qui s’y intéressent toujours, mais ils occupent rarement le devant de la scène… Cela pourrait faire l’objet d’un autre article, si ça vous intéresse.

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3 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. « …., ce vide qu’on dit infini, nos efforts pour y survivre, c’est aussi de la science-fiction »

    Dois-je en conclure que le vide que l’on rencontre chez d’autres personnes, et l’effort que l’on doit faire pour y survivre, c’est aussi de la science-fiction ? :D

  2. Je laisse chacun tirer ses propres conclusions. Mais je t’avoue que je préfère passer du temps à m’intéresser au vide siédral qu’au vide de ces personnes dont tu parles. Sans doute je n’ai pas le bon scaphandre pour y survivre ;)

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