Comment tenir son journal avec Day One, on en discute ?

Alors, oui, on peut jouer à se faire peur et à imaginer le pire.

Sauf que je bosse autrement. Avant d’aller encore plus loin, je rappelle au lecteur de passage que mes images ne sont pas conservées dans Day One. Jamais. Je m’explique.

Jean-Christophe, sur Urbanbike, en réponse à mon dernier billet.

« Jouer à se faire peur » ? Mouais… Plus que d’un jeu, je préfère parler d’une expérience acquise dans la souffrance : ne pas pouvoir (ou mal) accéder au contenu de certains fichiers plus supportés dans la durée. Or la durée, quand on parle d’un journal personnel, cela ne me semble pas un détail négligeable : ce que je confie à mon journal n’est pas une information jetable.

« Tu racontes n’importe quoi, David : Day One utilise du XML ! » Merci, je sais, j’en ai parlé dans mon billet. Alors, où est le souci ? Je ne m’inquiète évidemment pas de l’accès aux fichiers eux-mêmes (textes et images tout est soigneusement rangé dans un paquet), mais de la facilité d’accès à l’ensemble qu’ils forment, après exportation. De la préservation de cet ensemble. Comme j’ai répondu à Jean-Christophe par email :

(…) il reste le GROS souci pour moi de pouvoir exporter X années d’archives et de perdre si pas (certaines) des données elles-mêmes, le lien qui les unis les unes au autres, ce lien entre une image et un texte qui fait chaque entrée de mon journal. Ce lien que je veux retrouver intact si je décide ou si je suis contraint de quitter Day One.

Franchement, je me vois mal recréer ces liens un par un sur des milliers d’images et d’entrées de journal. C’est ça le problème.

(moi, par email)

Mais peut-être, la différence essentielle entre Jean-Christophe et moi c’est que j’utilise Day One uniquement comme un journal (intime) là où il l’utilise aussi comme brouillon du blog ?

Rien de ce que j’y entre ne sera jamais publié tel quel sur le blog, ni dans un article, ni dans un bouquin. Ni nulle part. C’est à moi seul, pour moi seul (et mes proches, éventuellement). Et c’est censé me suivre pendant le reste de ma vie.

Vu que rien n’a besoin d’être retraité ou retravaillé avant publication, je me fiche donc des « orignaux » au sens où en parle Jean-Christophe — enfin, non je ne m’en fiche évidemment pas (il suffit de lire les archives du blog si vous en doutez), mais je suis capable d’accéder au contenu d’un paquet et de m’assurer que chaque photo que je prends et que chaque texte que j’écris soit sauvegardé et accessible en permanence.

Ce qui m’intéresse dans Day One, c’est la possibilité de raconter ma journée, ou un évènement, en mots et/ou en images, et que chaque évènement devienne une nouvelle entrée dans mon journal (et que l’application gère l’accès à ce journal depuis n’importe quel terminal). Cette entrée est le composant de base du journal, ce n’est pas le fichier texte + le fichier d’image + géotagging + météo + EXIF…. Tout ça, j’y ai accès depuis des années sans l’aide de Day One. Ce que Day One m’a apporté sur un plateau, c’est l’intégration (et une interface à tomber sur le cul, dans la version iOS).

Day One Naked
Ca aussi, c’est Day One…

Ce qui m’intéresse et me réjouis, c’est cette intégration qui gomme complètement l’aspect technique (et pas que pour mon confort personnel).

Ce qui me navre et m’inquiète (et motive mon précédent billet), c’est de réaliser que cette intégration, pour l’instant du moins, est bien trop péniblement extractible de Day One, et pas sans risque de casser le lien entre les différents composants de chaque entrée (texte+image+geotagging+météo).

N’hésitez pas à participer à la discussion. Il ne s’agit pas de décider qui de Jean-Christophe ou de moi (ou de Anthony, qui ne devrait pas tarder), ou de vous-même, a raison ou qui a tort (la réponse est évidente : personne), mais de confronter des usages, des doutes et des points de vue et, avec un peu de chance, en sortir un peu moins bêtes que nous y sommes entrés. Et pourquoi pas, avec l’envie de tester d’autres façons de faire.

flattr this!

6 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. En parlant d’Anthony, il avait fait un peu le même article il y a de cela… ouf… on était au début de l’engouement pour Day One, et je crois que le titre de l’article devait se rapprocher de ton précédent billet, un truc du genre « mon problème avec Day One, ouvrer les guillemets, blablabla », article très intéressant au demeurant, tandis que de mon côté j’avais eu une discussion avec le développeur — ou du moins, un gars du staff, si staff il y a, je suppose qu’il ne doit pas être tout seul, le pauvre ; d’ailleurs j’avais transféré la réponse du développeur à Anthony —, discussion dans laquelle il m’expliquait, justement, que les entrées étaient en XML. Je lui avais demandé, naïvement, pourquoi ne pas encoder (est-ce le verbe adéquat ?) les entrées en .txt, et, aimablement, un brin fataliste malgré tout, il m’expliquait que c’était trop compliqué à réaliser pour je ne sais plus pour quelle raison — raison sûrement très justifiée. Il n’empêche, si seulement l’encodage (c’est comme ça qu’on dit ?) de Day One pouvait être du fichier texte, ça faciliterait beaucoup de choses… Après pour les images, je ne m’y suis pas encore mis, joindre des photos à mes fragments, même si j’ai toujours trouvé qu’une image et légende — certes, longue — c’était souvent ce qu’il y avait de plus… « mnémotechnique ».

  2. P.-S. Je viens de lire ton billet précédent, mais je réagis ici. Dis, tu m’en apprends des choses. Je ne savais même pas que le XML c’était du TXT. Certes, j’avais tenté d’ouvrir les entrées avec TextEdit, chose fait, mais j’avais un bouilli de données qui faillit me donner la nausée.

    P.-S.-S. En fait, côté textes, je crois que j’ai la nostalgie de Notational Velocity. J’adore Day One, mais il me manque ce temps où je pouvais simplement aller rechercher un fichier texte dans le dossier idoine. J’aimerais simplement prémunir mes courts textes du temps qui passe. Alors oui, ce ne sont pas non plus des textes « importants », ce ne sont ni des extraits d’une thèse de doctorat ni les ébauches d’une œuvre qui va révolutionner le petit cocon littéraire, mais quand même, j’aimerais pas me rendre compte un jour que tout ces écrits sont caducs, incompatibles, etc.

  3. A vous relire tous les trois, je ne perçois pas de grosse divergence, hormis celle de l’utilisation qui, de fait, rend le manque dans l’extraction de Day One, plus ou moins contraignant.

    Personnellement, je n’ai pas essayé cette application, que ce soit sur Mac OS ou iOS, car j’ai du mal à accrocher à ce type d’application, même si les captures d’écran sur le site de l’éditeur sont alléchantes.

    Concernant sa fonctionnalité première, la tenue d’un journal intime, l’affaire Sparrow illustre, selon moi, la contrainte de la dépendance à une interface particulière.

    C’est pourquoi, je me suis rangé à la solution du fichier TXT assorti d’un lien pour les images dans un dossier idoine sous DropBox. C’est « brut de brut » mais je me rends compte que cela met plus en valeur la richesse du contenu de ce l’on écrit. En outre, la question de la pérennité du format de fichier me semble essentielle au vu de la nature du document.

    Mais si Day One ne sert qu’à une première organisation de ses écrits avant publication sur un blog, pourquoi pas ? Toutefois, il serait nécessaire que son éditeur permette la gestion des tags.

    Est-ce que, finalement, une version améliorée d’Evernote, quant à l’affichage chronologique des entrées, ne pourrait pas jouer ce rôle ?

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