iBooks Author : Apple en costume de Microsoft ?
Évidemment, Apple a attendu que je sois offline pour sortir son application de création de livres électroniques. J’arrive donc avec un peu de retard.
Rien de surprenant de la part d’Apple, c’est très beau et simple d’emploi, comme l’est Pages. C’est soigné au poil de cul de millimètre, comme du Apple :

Mais, comme Pages, ça se révèle limité dès qu’on s’éloigne des besoins courants. J’ai eu beau chercher, je n’ai trouvé aucune option d’importation, même pas depuis un fichier Pages — ne parlons pas de Markdown, ça ne ferait rire que Jean-Christophe et moi.OK, on peut importer du Word et pages et même, il paraît (j’y arrive pas), du Markdown (si son extension est TXT, ce qui est stupide) par glisser déposer (merci Anthony).
Pas d’écriture collaborative non plus, ni de suivi des modifications (on parle bien d’écrire des manuels, ici ?). Mais ce qui m’a le plus surpris, ce sont les options d’exportations. Ou plutôt, cette petite « Remarque » :

WTF, Apple ? tu prétends m’interdire de vendre où je veux ce que j’écris, parce que j’ai utilisé ton application pour faire la mise en page de mon livre ? Tu n’es pas mon éditeur. Tu es le fournisseur du hard et des softs sur lesquels je bosse et une des boutiques où j’aimerais proposer mes livres.
Pour vérifier, j’ai pris la peine de lire le contrat de licence (en anglais) :

Je peux les distribuer gratuitement comme je veux — t’es trop gentille, Apple. Merci — mais je n’ai le droit de le vendre que sur ta boutique ?
Mais t’as fumé quoi, là, Apple ?
Pourquoi t’as enfilé un costume de Microsoft ? Pourquoi, tu nous a pondu une licence aussi nulle ? Ça ne te va vraiment pas. Mais alors vraiment pas : tu ressembles à un avocat, et pas à Keanu Reeves dans L’Associé du diable — t’es toute moche.
En gros, c’est quoi le deal que tu me proposes ? De te céder tous les droits de vente en échange d’une… application « gratuite » ? C’est une plaisanterie ? Je veux bien négocier avec toi un accord d’exclusivité, comme avec n’importe quel éditeur, mais il faudra que tu me proposes autre chose qu’une jolie application…



Sans même parler des contrats, il me semble que les fichus issus de iBooks Author sont dans un format propriétaire à destination unique de l’ipad (.ibooks), donc de fait…
Pour l’import, il te suffisait de taper « import » dans le me nu « Aide » pour tomber sur l’information « Importer du document Pages ou Word ». Pas que le glisser-déposer pour importer donc, mais également le menu Insertion > Chapitre.
La licence fait beaucoup parler d’elle et j’espère qu’elle sera précisée car pour ma part, je suis persuadé qu’il n’est pas question du contenu texte mais uniquement du fichier généré *.ibooks, qui de toutes façons est un format propriétaire dérivé de ePub3 (mais pas ePub3)… en bref, que cette clause ne concerne que le paquetage avec les modules différenciés d’iBooks Author… ce qui n’est pas si grave qu’on pourrait le croire à première vue.
J’aurais préféré qu’ils agissent comme dans le Mac App Store, à savoir que tu puisses vendre séparément également… mais le fait est que ce format n’est conçu que pour l’application iBooks, et que le format généré n’a pas vocation à être reverse-engineeré pour être transformé et vendu sur d’autres plateformes.
Pour un avis étonnamment positif sur cette licence, lire http://dimsumthinking.com/2012/01/21/a-writers-eula/
@Noliv: t’es gentil lapin, mais tes « il suffisait de » tu peux te les garder… Ca t’amuseras sans doute d’apprendre que l’aide refuse obstinément de s’afficher, chez moi. C’est sans doute que je suis trop con, là aussi ?
Sinon, ce n’est pas qu’un problème d’imprécision des termes dans la licence : Apple enfile un costume d’éditeur, sans faire le boulot qui va avec. Donner une application, c’est sympa (surtout celle-là), mais où est le suivi de l’auteur, le travail de relecture (oh, c’est l’auteur qui le fait), de mise en page (oh, c’est l’auteur qui le fait), de correction (oh, c’est l’auteur qui le fait), de conseils (oh, c’est l’auteur qui le fait), où sont les guides de travail et d’écriture que tout éditeur « saint d’esprit » file à ses auteurs ? Où est la personne que je peux contacter quand je suis coincé par un souci X ou Y ? Où est tout ce qui fait que passer par un éditeur représente un réel avantage pour l’auteur, et un vrai travail pour l’éditeur ?
(pour celles et ceux qui ne me connaissent pas : j’ai été éditeur pendant 10 ans)
Oui, vous êtes plusieurs à m’avoir pointé vers ce lien. Je préciserai juste « Positif » parce qu’il me semble supposer un « et » entre le droit de le distribuer gratuitement et à la fois sur la boutique Apple. Là où je redoute un « ou » exclusif. Et parce qu’il souligne les défauts (réels) de nombreux éditeur, entre autres choses cette histoire débile de non concurrence (que je n’ai jamais exigée d’un auteur).
La suite:
Aucun éditeur ne peut m’imposer d’être vendu dans une librairie plutôt qu’une autre. Bien sûr il a ses réseaux de diffusion, mais je suis dispo sur Amazon, à la FNAC et chez le libraire en bas de chez moi. Le même livre, au même prix, du même auteur. Le but est d’atteindre le lecteur potentiel là où il est. pas de lui dire « tu veux lire ? Va là-bas ».
Apple doit être prudente si elle veut être à la fois éditeur/diffuseur et boutique. C’est une situation intenable car, forcément, un éditeur voudra un max de diffusion et de points de vente, alors qu’un point de vente voudra l’exclusivité.
Wow, pourquoi tant d’agressivité? Mon commentaire se voulait informatif… je n’insinuais rien de spécial… (et comment pourrais-je deviner que l’aide ne fonctionne pas chez toi?)
Pas la peine de me prendre de haut, je ne venais que discuter respectueusement. Je maintiens tout à fait l’expression « il suffisait » dans la mesure où je trouve étonnant de commencer ton article par une critique erronée sur l’import alors qu’il y avait de nombreux moyens de savoir que c’était possible (1. la page iBook Author sur le site d’apple, 2. la description de l’app dans l’App Store, 3. l’aide du logiciel, 4. lire les intitulés des menus, 5. tenter le glisser-déposé, 6. regarder la vidéo de présentation).
Là où je parle d’imprécision de la licence, c’est justement parce que je pense que cette licence ne t’empêche pas de vendre ton bouquin ailleurs, dans la mesure où la version que tu vends ailleurs est une version certes avec le même texte, mais surtout avec les modules interactifs remplacés par des « équivalents » (ou plus probablement des versions édulcorées) correspondant au format choisi pour l’autre boutique puisque seule la boutique d’Apple supporte le format *.ibook
Et justement, cette precision est tellement évidente (format proprietaire), qu’on peut legitimement se demander pourquoi il y aurait besoin d’en rajouter une couche via un contrat, à priori inutile. Du coup, il est légitime de se demander ce que sous-tend, donc cache, ces termes du contrat, au dela du format par definition proprietaire…. donc probablement en rapport au contenu? Un contrat d’exclusivité non dite de manière explicite?
De toutes manieres, toutes les grosses boites et institutionnels deviennent « fous » en ce moment, qui appliquent des termes de contrats et procédures au delà de tout bon sens, de lanotion de commerce et service véritable et respectueux….. C’est ce que je constate tous les jours….
@ Noliv :
Tu aurais aurais pu te dire que j’avais songé à consulter la doc, non ?
Bref.
David, il y a un sujet ‘iAuthor’ sur le forum d’à côté, mais je ne me sens pas le droit d’y mettre un lien vers ici (droits d’auteur, hadoschtroumph, et surtout peut-être que tout bêtement tu n’y tiens pas).
@Romuald: je ne sais pas qui est « le forum d’à côté », mais ne te prive pas de mettre des liens qui te semblent intéressants. Promis, si c’est un site que je n’aime pas, je le dirais
M..G………
Et c’est quoi le lien ?
Bonsoir. Bonne nouvelle: Apple a mis à jour le contrat de licence en précisant que la restriction d’utilisation ne s’applique pas au contenu mais au fichier mis en page au format ibook2 http://512pixels.net/apple-updates-ibooks-eula/