Les cavernes d’acier, au cinéma

20th Century Fox serait en train de tourner une adaptation de l’excellent polar de SF d’Isaac Asimov Les cavernes d’acier. Via SFsignal.

Les cavernes, c’est le premier de quatre récits autour de l’inspecteur Elijah Bailey, un policier hostile aux robots qui se voit contraint de travailler avec l’un d’eux, lui aussi inspecteur de police : R. Daneel Olivaw. On découvre une humanité vivant sous terre dans des « cavernes », des villes souterraines surpeuplées, et ravie de vivre ainsi car elle a une peur bleue des grands espaces et du vide.

Mais le roman que je préfère dans la série, c’est peut-être le suivant, Face aux feux du soleil, qui oblige notre ami Elijah à quitter la Terre et à faire face à sa peur des grands espaces en allant enquêter sur Solaria, la planète d’origine de son collègue R. Daneel Olivaw, car un meurtre y a été commis, le premier depuis des années. À la différence de l’humanité vivant sur Terre, les habitants de Solaria ne supportent pas le contact des autres et vivent isolés les uns des autres sur de gigantesques domaines couvrant la surface de la planète, au milieu de centaines de robots qui font tout le boulot. Le contact physique avec d’autres humains leur répugne tant qu’ils ne se rencontrent que de façon virtuelle et ont presque complètement renoncé à se reproduire. Dans ces conditions, comment diable un meurtre aurait-il pu être commis ? Serait-ce l’acte d’un robot, mais comment pourrait-il avoir violé les trois lois de la robotique qui lui interdise de faire du mal à un humain, encore plus de le tuer ? Le suspens est intenable !

Si vous ne connaissez pas — et si vous n’êtes pas allergique à la sf, vous ratez quelque chose — vous pouvez les commander sur Amazon (et si vous êtes assez nombreux à passer par là, ça finira par me payer un café ;)) :


Les cavernes d’acier


Face aux feux du soleil

C’est sûr que la robotique du père Isaac peut sembler un peu vieillotte mais cette série, ce couple d’inspecteurs, m’a laissé un excellent souvenir. Et puis, vieillot ou pas, Asimov nous amène à nous poser quelques questions quant au regard que nous posons sur les autres. Surtout quand ces autres sont aussi différents de nous qu’un robot peut l’être d’un humain.

Edit: j’espère juste que l’adaptation sera meilleure que le nanard I, Robot

13 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Après avoir acheté Bara Yogoï (et Yama Loka Terminus par la force des choses), puis Starship Troopers suite à ton poste sur Heinlein, je vais m’arrêter là quelques temps.

    Par contre, je n’ai pas trouvé I Robot si nul que ça. Après, c’est l’éternel condamnation des lecteurs qui supportent rarement l’adaptation sur grand écran de leurs titres favoris.

    • Oui, c’est le problème. Et non : autant j’aime le roman Dune de Herbert, autant j’aime aussi le film de Lynch, qui a pourtant bien peu de choses en commun. Ce que je reproche à I Robot c’est de rater l’essentiel (pourtant Asimov n’est pas si subtil que ça comme auteur). Les effets sont soignés, mais le film est vide. D’autant plus dommage que, bien tenu, Will Smith se révèle un bon acteur.

  2. Ah oui, excellente série, et je suis d’accord pour Face aux feux du soleil. Reste toutefois à voir quel sera le casting et l’équipe technique, car s’ils nous sortent des tâcherons… Je crains en outre un film aseptisé car la Fox est connue pour être atrocement castratrice avec les réalisateurs. À voir, donc, mais le projet ne manque pas d’intérêt ! Merci pour l’info.

  3. Le problème des adaptations SF, c’est qu’elle ne reflètent jamais (ou alors par un coup de bol inouï) ce que ton imaginaire a créé à la lecture du bouquin. Il faut donc que le film soit vraiment bon pour ne pas décevoir: « Do Androids Dream of Electric Sheep? », plus connu sous le nom de « Blade Runner » étant l’exemple parfait.

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    p>L’autre problème, plus actuel, serait la tentation de faire passer ça à coup de 3D et de torrents d’effets spéciaux, alors que c’est inutile étant donné la qualité de Daneel ;).

  4. +1 avec Romuald

    Asimov pas subtile? Je m’insurge là, il a un style rempli de finesses avec pas mal de niveau de lectures pourtant (et énormément de renvois, allusions, etc. entre œuvres). Je dis ça pour m’être refais l’intégrale du Cycle des Robots et du Cycle de Fondation il y a 2 ans tout à la suite.

  5. @Romuald. Bien d’accord. Encore que cela n’est pas spécifique aux adaptations de SF. De ce point de vue, il me semble me souvenir que Clarke n’était pas fan de la version de Kubrick de 2001 et que King n’a jamais aimé sa version de Shining… Qui sont pour moi deux perles.

    Pour la petite histoire, la plus mauvaise adaptation de Asimov que j’ai jamais vue, c’est la version de 1988 de Nightfall (je l’avais vue passer sur la BBC début des années 90, enfin il me semble) mais c’était tout simplement un très mauvais film 😉

    @burninghat

    pourtant Asimov n’est pas si subtil que ça comme auteur

    Ce n’est pas « Asimov n’est pas subtil ».
    Cela dit, si tu le compares à d’autres auteurs de SF, on l’entend venir de loin. Ce qui n’enlève rien à son charme 😉

  6. @David yep je t’accorde la tournure 😉 mais sinon il est intéressant parce qu’il tire souvent de grosses ficelles qu’on voit effectivement venir de loin (d’autant qu’il répète souvent ses idées directrices de manière soutenue dans ses cycles) mais tisse autour toutes sortes de petits trucs bien fins et délicats qui sont très agréables.

  7. …mais tisse autour toutes sortes de petits trucs bien fins et délicats qui sont très agréables.

    Ah ça, toutes les variations qu’il tire de ses trois lois de la robotiques au fil de ses nouvelles, un modèle du genre !

    @David : bien sur que ça n’est pas spécifique à la SF, mais c’est quand même elle qui laisse le,plusn de place à l’imaginaire…

  8. c’est quand même elle qui laisse le,plusn de place à l’imaginaire…

    Ce n’est pour ça que je lis de la SF, je te l’avoue. Je ne pense pas que les accessoires futuristes ou les galaxies lointaines soient requis pour stimuler l’imagination, une porte qui claque et une casserole d’eau suffisent (attention, c’est très dur).

  9. Ce n’est pour ça que je lis de la SF

    Moi non plus :). C’est plutôt pour les univers que ça crée (i.e surtout chez P.K. Dick) et les théories que ça développe (i.e Asimov et la psychohistoire, Van Vogt et les Ã). Mais après tu es bien obligé de te construire l’environnement du futur dans ton imaginaire, ce qui a moins lieu d’être si l’histoire est contemporaine.

  10. Dans le même genre de nouvelle, on peut lire ces jours ci que Roland Emmerich (2012, 10000, ID4) pour le compte de Columbia qui vas adapter Fondation. Le scénario sera signé Dante Harper, auteur peu connu, coupable d’une suite au conte de Grimm, Hansel et Gretel : Witch Hunters, dans lequel les deux enfants grandissent et deviennent des chasseurs de sorcières…

    Désolé pour ceux dont j’ai pourri la journée, dites vous qu’il y a des choses plus graves dans la vie…

  11. « Solaria, la planète d’origine de son collègue R. Daneel Olivaw »

    Euh, non!

    Même si Solaria est décrite comme étant la planète la plus avancée dans la construction des robots, Daneel est originaire d’Aurora, la « capitale » des Spaciens. Planète sur laquelle se déroule le 3ème roman du cycle : Les robots de l’aube.

    D’ailleurs, dans mes souvenirs, Daneel n’est pas non plus inspecteur de police!