Pourquoi TextMate ?

Pourquoi tu utilises TextMate pour blogger ? (Pourquoi utiliser un éditeur de texte, et payant avec ça, et pas juste TextEdit ou même l’interface Web du blog ?)

Textmate

C’est une question que l’on me pose régulièrement. J’ai déjà parlé de la compatibilité de TextMate avec Markdown qui le rend si pratique pour blogger mais, en ce qui me concerne, cela va bien au-delà de ça. Et vu qu’on en causait entre nous avec Anthony, on s’est dit que ce serait sympa d’expliquer nos choix d’outils respectifs (le lien arrive dès que Anthonny me le file ;)).

Pourquoi ne pas passer par le navigateur Web et utiliser l’interface d’administration du blog ? Chacun fait ce qu’il veut mais, de vous à moi, tant qu’à écrire autant le faire confortablement, dans une application qui a été conçue pour ça plutôt que dans le champ de saisie d’un formulaire HTML dans un navigateur Web — navigateurs dont, en plus de ça, on sait la légendaire fiabilité…

Donc, navigateur Web excepté, comment choisir un outil ? On commence par définir ses besoins — un marteau, par exemple, se révélera très utile pour enfoncer un clou, mais peut-être un peu moins pour manger des spaghettis.

Besoin ? Un outil pour écrire. Reste à trouver le(s) bon(s) outil(s).

Pour moi, le bon outil c’est celui qui provoquera le moins de frictions entre l’idée d’un article et sa publication. Il doit être simple d’emploi, rapide et fiable. Ça semble con à dire (et ça l’est probablement aussi à lire), mais j’ai parfois le sentiment que certaines applications sont développées exactement pour les raisons inverses : complexes, bordéliques et instables, c’est comme si elles avaient été pensées pour emmerder l’auteur — Oui Clippy, mon regard assassin se pose sur toi.

D’où mon choix de TextMate… de TextMate et de Byword (quand je veux m’isoler de tout, en mode plein écran) et de Notational Velocity (mon Yojimbo à moi : un savant mélange de bloc-notes, de Finder intelligent et de Spotlight dopé), trois applications qui, en plus d’utiliser le format TXT et de supporter le formatage Markdown, répondent à mes trois critères :

La fiabilité, c’est facile à comprendre : il ne doit pas planter. Il ne doit pas me faire perdre une virgule. Je n’ai jamais vu un éditeur de texte planter, contrairement aux traitements de texte comme Word ou Libre Office ou, pire encore, comme n’importe quel navigateur Web.

La rapidité est évidemment liée à la simplicité : je suis rapide quand l’outil n’est pas une entrave — et quand je sais ce que je veux écrire, mais là aucun outil ne peut m’aider.

La simplicité, c’est totalement subjectif. Dans mon cas, c’est entre autres choses de travailler dans une interface la plus dépouillée possible sans me priver de quoi ce soit dont j’ai besoin (mais c’est tellement subjectif que ça me semble difficile d’en discuter). Par contre, je pense que nous serons tous d’accord pour dire que la simplicité consiste à réduire le nombre de manipulations nécessaires pour réaliser une tâche quelconque, peu importe l’outil choisi. C’est là que TextMate a terminé de me séduire.

Ce serait difficile à expliquer et très long, comme de vous parler d’elle, de vous dire comment d’un battement de ses cils ou d’un sourire elle renvoie le Big Bang au rang de pétard mouillé. Je vous propose donc plutôt un truc tout bête, facile et mécanique : compter, étape par étape, les manipulations que je fais dans TextMate pour écrire et publier un article simple (sans images, catégories, mots-clés, etc.), et je vous invite ensuite à comparer (en comptant chaque manip, chaque clic, etc.) avec toute autre application de votre choix :

  1. Ouvrir TextMate.
  2. Créer un nouveau fichier (à partir d’un modèle prédéfini prérempli : Cmd+Ctrl+N, chez moi).
    Template
  3. Écrire le titre du billet.
  4. Écrire le billet (je n’en parle pas ici, mais je laisse généralement les billets reposer quelques jours).
  5. Passer le correcteur (clic droit sur le texte, pour démarrer Antidote HD depuis TextMate).
  6. Revenir dans TextMate.
  7. Coller le texte corrigé.
  8. Ctrl+Alt+Cmd+P, pour afficher un aperçu du résultat.
  9. Ctrl+Cmd+P, pour le publier.
  10. (Enregistrer le fichier sur le Mac, pour avoir une copie locale du billet)

Dix étapes, dont quatre sont optionnelles (10 et 5,6, 7 — mais on aurait tort de s’en passer), et mon billet est publié. Je n’ai dû quitter qu’une seule fois mon éditeur de texte, pour utiliser le correcteur, et encore : cela s’est fait d’un simple clic droit. Six étapes donc, pour les plus téméraires.

C’est encore plus intéressant si vous ajoutez des illustrations à l’article, puisqu’il suffit de faire glisser une photo sur la fenêtre de TextMate pour qu’il uploade la photo sur votre serveur (oui, môssieur) et génère le lien correspondant et l’insère à l’emplacement du curseur. Une manipulation donc.

Et puis, il y a d’autres avantages à utiliser TextMate, ou un autre éditeur de texte :

  • La gestion des multi-blogs.
  • L’intégration avec Mercurial (contrôle de version, moins joli que Versions dans Mac OSX Lion mais en un peu plus précis ;))
  • Le support de (Multi)Markdown. J’insiste, mais le Markdown ça change la vie.
  • La facilité qu’il y a à rédiger/corriger les billets hors ligne et de les publier d’un clic, après coup.
  • La possibilité de programmer leur publication.
  • L’ajout des mots-clés et catégories directement dans le fichier (rien à cocher) :
    Meta
    Une bonne part des billets publiés ici sont programmés. Il suffit d’indiquer le jour et l’heure à la ligne Date:.
  • Le format TXT qui permet d’éditer les billets sur n’importe quel ordinateur, smartphone ou iPad (oups, j’ai pas écrit « tablette » ?). Et qui fonctionne si bien avec la syncro Dropbox.

Alors oui, TextMate est payant. Oui, la version 2 était déjà annoncée à l’époque où les dinosaures faisaient la loi sur Terre. Mais ça ne change rien au fait qu’il marche très bien encore aujourd’hui et qu’il me fait gagner un temps fou.

David ♥ TextMate.

Bien entendu, c’est un choix strictement personnel qui ne disqualifie pas les autres et qui n’est pas gravé dans le marbre. Les fidèles du blog savent bien que je ne me prive pas de tester d’autres solutions (voire même de foutre en l’air le site en essayant carrément n’importe quoi).

TextMate n’est d’ailleurs pas le seul outil que j’utilise pour écrire : en plus de Notational Velocity et Byword, pour des projets plus longs j’utilise Scrivener, pour le boulot (ce qui me paye mon abonnement Internet et les pizza) je travaille presque exclusivement dans Word (que je connais assez pour le plier à mes besoins et pour éviter ses défauts).

BBEdit est un sérieux candidat, comme le montre Anthony, mais il ne m’apporte rien pour compenser ce que je perdrais en quittant TextMate : la superbe gestion de MultiMarkdown et les bundles, la publication intégrée (update: à noter, par rapport à ce qu’explique Anthony, que TextMate supporte lui aussi un système de clippings, ainsi que de scripts–shell et Applescript).

Emacs est une autre piste : il propose un mode « Markdown » ainsi qu’un mode « blog » qui permettent d’écrire et de publier sur le blog sans quitter Emacs (sauf pour l’upload des images). Mais c’est Emacs et, même si je l’utilise de plus en plus avec plaisir sous Ubuntu, il exige de tout réapprendre pour, au final, se retrouver avec une solution qui me semble moins performante que les bundles de TextMate pour mon usage.

Même chose pour (Mac)Vim, qui m’a semblé encore plus difficile à configurer que Emacs.

Ne m’incendiez pas d’avoir osé critiquer ces éditeurs dont la renommée n’est plus à faire : il va de soi que le problème vient de moi. Je ne suis tout simplement pas assez doué pour les utiliser correctement. Malheureusement, je ne peux pas me changer ni upgrader mes capacités intellectuelles. Par contre, je peux changer d’éditeur de texte 😉

En fait, si vous me demandez mon avis, je ne connais qu’une seule application qui peut se comparer à TextMate en terme de capacités et du facteur du-moins-d’emmerdemment-possible : le superbe MarsEdit, ce qui peut surprendre vu qu’il se positionne à l’opposé de TextMate comme éditeur WYSIWYG (façon Word, quoi). Hélas, il ne stocke pas les billets au format TXT, ce qui ne me convient pas. Mais si le format TXT n’a pas d’importance pour vous et si vous cherchez un outil simple et performant, et moins austère que TextMate… testez MarsEdit.

Misère ! Quelle tartine. Vous êtes courageux d’être arrivé ici. J’espère au moins que ça aura répondu à vos questions 😉

19 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Rétrolien : Pourquoi BBEdit // Métro. Zen. Dodo.

  2. C’est très bien dit. Il ne faut pas avoir honte de se poser des questions dont la réponse paraît évidente, comme tu le fais dans l’article, pour bien cerner ses besoins. Lorsqu’on débute avec un ordinateur, on a tendance à se plier à ses outils alors que l’inflexion doit être inverse : c’est à l’utilisateur de changer la machine.

    Mon blog n’ayant pas la même ampleur (ni le même nombre de lecteurs) que le tien, j’ai adopté une solution similaire, version low cost :

    • TextEdit (ou Gedit sous Ubuntu) pour écrire
    • Notational Velocity qui me sert de second cerveau
    • L’interface web de Tumblr qui, parce qu’elle se résume au minimum, me convient (j’opterais pour une autre solution si j’utilisais un CMS comme WordPress).
  3. Au cas où tu ne l’aurais pas déjà vu : Gedit supporte markdown.

    Justement, je l’ai vu et j’ai un petit souci. Lorsque je démarre Gedit, il m’ouvre le panneau d’aperçu Markdown sur la gauche automatiquement et systématiquement. Seule la désactivation du greffon Markdown le fait disparaître.

  4. It’s not a bug, it’s a feature 😉

    N’hésite pas à contacter le dev. il est très réactif et semble à l’écoute (avec un peu de chance, une prochaine version du plugin confirmera ça) : peut-être il pourra t’aider.

  5. En lisant ton article, je me disais mais c’est pas possible, je vais gueuler dans les commentaires, car presque tous ce qu’il fait, il pourrait le faire depuis Mars Edit, et tu finis ton article en beauté! 😉

    Je n’ai personnellement pas besoin de garder mes notes en txt, car j’utilise une gestion compliquée de mes notes mais qui me satisfait!

    Par contre, le truc du modèle prédéfini prérempli, c’est classe, j’utilise un truc dans le même style sous mars edit, mais il faudra que je vérifie si cela est disponible sous geany, …

  6. Rétrolien : Et MarsEdit ? | davidbosman.fr

  7. Rétrolien : Sur l’annonce de TextMate 2 | davidbosman.fr

  8. Rétrolien : Le meilleur éditeur de texte pour écrire en Markdown ? | davidbosman.fr

  9. Rétrolien : Tenir son journal en Markdown | davidbosman.fr

  10. Rétrolien : Joyeux anniversaire ! | davidbosman.fr

  11. Rétrolien : FoldingText: Plain text productivity? | davidbosman.fr

  12. Rétrolien : Pourquoi en Markdown ? | davidbosman.fr

  13. Rétrolien : Pour mémoire : Markdown sous Windows | davidbosman.fr

  14. Rétrolien : Byword, iA Writer et Day One | Anthony Nelzin

  15. Rétrolien : Pourquoi BBEdit // Anthony Nelzin

  16. Rétrolien : Acheter un nouvel ordinateur (ultra)portable ? | davidbosman.fr