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L’ultime machine à écrire ?

par David, le 30 mars 2010 16:53

Ipad + dock + clavier sans fil

Un clavier et une feuille de papier, électronique.

Est-il possible de faire plus simple ?

Via

Un appareil a du succès parce qu’il répond mieux que ses concurrents à des besoins. Un appareil marque l’histoire, quand il crée de nouveaux besoins, et de nouveaux usages.

L’iPad change tout.

Gutenberg et son imprimerie, Tim Berner-Lee et son WWW. Et ensuite (déjà ? alors qu’on commence à peine à comprendre comment utiliser Internet), l’iPad ? C’est ce que je crois.

Il nous fera (ré)inventer nos usages et nos outils. Créer de nouvelles applications — nouvelles, pas « bricolées » pour tenir sur son écran — pour répondre à des besoins qui restent à découvrir. Il nous fera repenser la manière dont on les utilise — une souris, pour quoi faire alors que l’écran tout entier réagit aux caresses de l’utilisateur ? Des fichiers, des dossiers ? Dites leur adieu et accueillez chaleureusement les applications, dans lesquelles ont fera ce qu’on a à faire sans se poser de question pour savoir où enregistrer et comment sauvegarder — au fond, l’iPad c’est Mac OS poussé au bout de sa logique : oser s’effacer pour laisser le champ libre à l’utilisateur. Car on utilise OS X aussi parce qu’il sait s’effacer quand on n’a pas besoin de lui (quelque chose que Microsoft n’a toujours pas compris avec Windows).

Même l’écriture changera. Comment croire que l’on pourra continuer à pondre uniquement des articles linéaires et statiques, comme au temps de la presse papier, avec cet appareil qui ne demande qu’à bourgeonner dans toutes les directions et sur tous les formats. Cet appareil qui ne demande qu’à laisser l’utilisateur partager, diffuser, échanger, dialoguer — pour avoir ne fût-ce qu’une vague idée de tout ça, il faut l’imaginer dans les mains des lecteurs, les regarder lire et interagir avec le texte le contenu. Et non, même si certains s’en satisferont, ajouter de la vidéo dans un article ne sera pas le changement attendu.

Ce n’est pas une mise à jour, ni d’un bricolage dont on a besoin. Ce que l’iPad nous offre, c’est l’opportunité de tout reprendre à zéro. Réfléchir, réinventer, redessiner une informatique (et une presse, et des livres, et le métier d’éditeur, aussi) qui n’aurait plus rien de technologique en fait. Une informatique aussi rudimentaire et aussi géniale et aussi efficace qu’un crayon et qu’un bout de papier. Connecté à Internet.

Nul ne sait combien de temps il lui faudra pour s’imposer, ni même si cette première version de l’iPad sera un succès commercial (même si je veux bien parier qu’il va cartonner). Mais je suis sûr d’une chose : l’avenir, il est là. Et il est sexy en diable. Et il commence dans moins d’une semaine pour certains privilégiés.

Au fait, si ce n’est déjà fait, allez donc lire le billet de Anthony sur l’iPad au pieu.

(edit: coquilles à la pelle. Si je vous dis que mon clavier est naze ?)

From → Apple, General

23 commentaires
  1. Je serais quand même un peu moins enthousiaste par rapport à l’iPad. Il s’agit certes d’une interface relativement nouvelle, qui peut être dans une certaine mesure comparée à l’invention de l’imprimerie puisqu’elle change notre rapport avec le contenu (qui a été très justement distingué du texte dans l’article).

    Pour moi, ce nouveau rapport à l’écrit et au contenu a été possible grâce à l’Internet et à un tas d’information accessible en ligne, qu’il s’agisse de livres numérisés, de presse, etc. D’ailleurs, cette numérisation loin d’être achevée, il est intéressant de voir comment la technologie est capable de dépasser ce stade de lecture passive de textes « traditionnels » numérisés sur ordinateur pour aller vers quelque chose de plus dynamique. Au fond, l’iPad est très intéressant en soi car il constitue une interface assez intuitive (avec cette transparence de l’OS) pour un hypertexte tel qu’il avait été conçu par certains chercheurs dans les années 1960, notamment Vannevar Bush dans son article As we may think, que j’ai relu ces derniers temps.

  2. L’ultime machine à écrire… peut-être car il y a un grand risque d’être déconcentré par twitter ! ;-) En effet, ils ont annoncé aujourd’hui un client pour iPad ! lol

  3. Je serais quand même un peu moins enthousiaste par rapport à l’iPad. Il s’agit certes d’une interface relativement nouvelle

    Oui, c’est bien ça. Et « ça » suffit largement à m’exciter ;-)

    Pour prolonger le // avec Gutenberg : l’essentiel des technologies qu’il a mis en oeuvre existaient déjà à son époque. En gros : passer de l’encre sur un motif sculpté pour le coucher sur du papier. Mais il a su saisir cet ensemble et l’amener vers autre chose : plus efficace, plus pratique, moins compliqué. Génial. À lui seul, il a tué la profession de moine copiste, c’est pas mal ;-)

    Mais il aura fallu attendre encore combien de temps avant de voir apparaître des livres qui soient autre chose que des copies de ceux des moins copistes (dans la forme même) ? De voir la première vraie police de caractères conçue pour l’impression (et une lecture facile) ? Etc. Bien longtemps après sa mort, je pense (j’ai pas vérifié)

    L’iPad est nouveau, mais il est bâti sur de l’existant dont Internet, comme tu le signales très justement, est un composant essentiel. En lui-même, il ne révolutionne rien sauf notre petit confort : comme disait Anthony dans son article, c’est à mi-chemin du téléphone et du portable, idéal pour lire au lit. C’est déjà pas mal. Mais je ne peux m’empêcher de voir (de fantasmer, diront certains) les opportunités qu’il offre au-delà de ça, et qui dépassent de loin l’iPad, voire Apple elle-même. Enfin, je pense.

    Pour te donner une idée de la façon dont je réfléchis à ça et pour continuer avec notre ami Gutenberg : en dehors de l’imprimerie elle-même, du coup boost en terme d’efficacité, d’économie et de rapidité dans la (re)production d’un livre, il a amené de nombreux autres changements fondamentaux. Dont trois des plus importants sont, à mon avis (et c’est un avis très personnel, je le reconnais sans mal) :

    1. La naissance de la reproduction industrielle des oeuvres. À notre époque pourrie par «Hadopi» et le lobbying industriel, c’est tout particulièrement intéressant de s’en rappeler : le livre est né comme un produit qui facilitait et favorisait la copie d’un texte. J’en parlai il y a quelques années, à propos d’un film sans intérêt, à un détail près (si tu n’as pas le courage de tout lire: 3ème ou 4ème § en partant du bas, jusqu’à la fin).
    2. La généralisation de la lecture (et de l’écriture). De plus en plus de monde a donc été « victime » de l’éducation…
    3. le recul de l’Eglise comme source du savoir et de l’éducation. Même si, pour l’Eglise du moins, cela ne s’est manifesté que bien des siècles plus tard et que c’est probablement quelque chose que Gutenberg lui-même ne souhaitait pas voir se produire.

    Ca l’a dépassé.

    Bref, nous ne sommes plus à l’époque de Gutenberg. Ce qui a pris de siècles, se produira certainement plus vite aujourd’hui, c’est une autre chose que je crois… Je peux me tromper. Je me trompe sûrement, en fait ;-)

  4. Tu ne vas pas encore assez loin. Puisque tu cite TBL, l’iPad, c’est la fin du Web tel que nous le connaissons : un navigateur, du HTTP, boum. C’est déjà trop compliqué pour un bon tiers de la population, selon moi.

    L’iPad, c’est plus encore que l’iPhone, l’objet qui va favoriser l’arrivée d’un Web plus pervasif, plus indolore, plus camouflé. Je me prends déjà à ne consulter certains sites que sur l’iPhone, à relever mes flux RSS uniquement par le biais de Reeder. L’iPad va maximiser ce phénomène, et contribuer à faire disparaître le navigateur, de plus en plus.

    Et quand le Web aura disparu pour que son conteneur, l’Internet, reprenne sa place tentaculaire mais invisible, on pourra parler de révolution au moins aussi majeure que l’imprimerie : le livre ne sera plus qu’un immense hypertexte.

    Bon, penser à noter ça dans un coin, c’est mon prochain objet de recherche, merci David de m’obliger à libérer ce genre de choses ;-)

  5. Ce n’est pas tant que je ne vais passez loin — là-dessus il n’y a pas l’ombre d’un doute ;-) — que de ne pas écrire assez clairement ce que je veux dire ?

    Car ce n’est pas que le navigateur qui disparait avec l’iPad (et les évolutions que l’on pressent), c’est l’idée « d’outil informatique » et toute la connotation technologique sous-jacente. Enfin !

    C’est cela que j’ai essayé de dire. L’iPad n’est plus qu’un objet, un simple bien de consommation, devant lequel le client n’hésitera pas à choisir, ou pas plus qu’il hésite devant un crayon, du papier, ou une salade.

    C’est ce que j’écrivais, à ma façon : « Une informatique aussi rudimentaire et aussi géniale et aussi efficace qu’un crayon et qu’un bout de papier. Connecté à Internet. »

    Ne plus penser à l’outil, mais en faire quelque chose, n’importe quoi, peu importe en fait.

    Une telle « déchéance » de l’informatique au rang de simple grille pain (de luxe) en navrera certains. Pour moi, c’est la sortie de la préhistoire.

    Et ça fait des années que je fais mes bouquins et mes magazines dans cet optique: aux yeux des lecteurs, transformer cette cochonnerie technologique en un « truc » sympa et bien ficelé qui ne demande qu’à rendre service. Ca ne ma pas valu que des amis, ni que des compliments. Mais je m’en fiche ;-)

  6. On en a déjà discuté, mais oui « Ne plus penser à l’outil, mais en faire quelque chose, n’importe quoi, peu importe en fait. », c’est ça.

    Maintenant qu’on approche du Web 3.0, certains parlent déjà du Web 4.0, celui où l’informatique telle que nous la connaissons disparaîtra, pour être présente partout tout le temps sous toutes les formes. Un peu de la même manière que nous avons oublié l’électricité, qui nous semble si naturelle.

    L’iPad est pour moi le premier pas de cette informatique totalement pervasive, si pervasive qu’elle disparaît pour devenir organique. Cette grande dalle IPS de 10 pouces, c’est une page blanche sur laquelle on peut tout faire, tout écrire, y compris le futur de l’informatique. Comment ça, c’est lyrique ? ;-)

  7. Comment ça, c’est lyrique ? ;-)

    Ce n’est pas moi qui te le reprocherai ;-)

  8. Heuu.. On s’emballe un peu trop par ici. J’ai l’impression d’assister à de la philosophie dans le boudoir. ;-)

    Pour ma part, je considère l’iPad comme un outil de plus et non le commencement de l’informatique pervasive, car cela à déjà au lieu avec les SmartPhones et leurs déclinaisons en « MultiTouch ».

    Steve Jobs est un génie du marketing. Après avoir formater l’esprit des consommateurs avec cette expérience ‘Multitouch », il était évident que cela n’allait pas s’arrêter là. Il fallait développer le concept afin d’accéder à un public encore réfractaire à ce genre de machine (oui, il y en a, et je connais au moins 3 personnes dans ce cas).

    L’iPad a été développé pour cela, pour redéfinir les besoins, pour en créer d’autres. Ainsi une personne pas vraiment emballée par l’achat d’un nouvel ordinateur, se laissera bien tenter par cette tablette qui répondra sans doute à 99% de ses besoins (mail, photo, musique, internet, youtube, lecture d’ebook et un peu de traitement de texte pour faire un CV).

    L’iPad est un objet magnifique, du moins je le pense, mais il n’a rien de révolutionnaire. L’innovation ne vient pas de l’objet, mais simplement du fait que le marché et les esprits sont prêts à l’accueillir.

    L’informatique pervasive telle que tu nous la décris antho, n’arrivera que le jour où l’électronique sera devenue impalpable, comme les systèmes holographiques.

  9. Heuu.. On s’emballe un peu trop par ici. J’ai l’impression d’assister à de la philosophie dans le boudoir. ;-)

    Pourtant, que je sache, nous sommes tous encore habillés ;-)

  10. Tu penses qu’on s’emballe un peu trop, je pense au contraire que tu ne t’emballes pas assez — ça m’étonne ;-)

    Tu dis : « L’iPad a été développé pour cela, pour redéfinir les besoins, pour en créer d’autres ». Redéfinir les besoins, c’est en créer d’autres ;-)

    Ma grand-mère ne veut pas d’ordinateur. Elle ne comprend pas ces machines horribles et lourdes, et trouve le système souris / curseur absolument contre-intuitif. L’iPad, elle ne dit pas non. Parce que l’informatique est cachée dans un morceau de métal, et que poser un doigt sur une surface de verre, les gens comprennent. Encore une fois, le coup de génie de l’iPad (bien plus que l’iPhone), c’est de faire disparaître l’interface, de faire disparaître la notion même de fichier, de faire disparaître la notion de site Internet — de faire disparaître tout jargon, toute complexité, toute informatique même.

    Exécuter une tâche du bout des doigts, avec une entrée directe, c’est déjà organique — la métaphore de David de l’iPad comme machine à écrire ne pourrait être plus juste, et les interfaces des applications iPad, tendant à imiter le réel, ne font que la renforcer : il s’agit de faire disparaître l’ordinateur, et d’ »électroniser », de « connecter » la feuille de papier, l’agenda, le carnet de notes, et j’en passe. Plus pervasif, tu ne fais pas : l’iPad, c’est tout à tour le roman, le livre de recettes, l’agenda, le carnet à croquis de l’étudiant en art, etc., etc., et pas uniquement le truc qui te permet de surfer dans un navigateur — ça, c’est penser avec les structures de l’informatique des années 70.

    L’iPad, ce n’est pas juste une nouvelle interface pour rendre plus faciles des tâches connues et reconnues. C’est un nouveau paradigme pour de nouvelles tâches, de nouvelles interactions qui ne sont pas encore connues — ce n’était pas tout à fait encore le cas de l’iPhone qui était limité avec ses 3,5″. Et j’ose le mot, c’est bandant — là, tu peux dire que je m’emballe ;-)

  11. apossium permalink

    une pierre …

    tout d’abord je rejoins Ludo sur un point, je ne vois pas de révolution dans ces produits Apple iPx …

    c’est l’applicatif qui est une évolution (la simplicité) ! La cible est bien mieux défini …

    Ce que je constate au sujet de ces produits, c’est qu’ils arrivent au bon moment, avec une certaine maturité … ils répondent aux besoins utilisateurs (les produits apple de manière générale …) : - une vision globale de ce qu’est un SI ; - une gamme adapté au type d’utilisation ; - le tout étant compatible, cohérent, relativement stable ; - respect de l’utilisateur, se mettre à sa portée ;

    ma définition de l’informatique est celle que nous avons de la voiture … on tourne la clef et ca marche … pour le moment nous en sommes loin et avec ces dernières interfaces nous nous en rapprochons …

    Pour cela les systèmes doivent tendre à être le plus accessible, transparent pour l’utilisateur …

    pas besoin de savoir ce que c’est, comment ca s’utilise … on lui parle ou le touche et hop ca marche ! à l’ordinateur (OS) de se démerder ! celui qui arrivera à faire tout ca aura gagner !

    à voir avec les techno comme : - reconnaissance audio, video (+ OCR), - holographie 3D - projection - connexion sans fil UXTH Debit ;)

    la dématérialisation et la (re)matérialisation temps réel à travers un objet simple et efficace …

    je ne sais pas si ce genre de système seront élus, en tout cas ca fera le plus de vente !

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