iTunes 12.2 (à peu près) utilisable, en quelques clics

Ou « comment j’ai appris à ne plus aimer iTunes Store ».

Dans un élan de créativité dépassant les espoirs les plus fous que l’on pourrait mettre dans le génie humain, Apple a réussi à rendre iTunes encore plus foutoir qu’il ne l’était. Avec une interface encore plus bordélique et, à ce qu’il semblerait, pour les malheureuxmasos encore clients de iTunes Match, le risque de voir leurs métadonnées mises à mal lors de la mise à jour. Manque plus que ça foute le feu au Mac et que ça ne transforme l’iPod en Zune.

À la fois, je suis émerveillé par la persévérance de Apple à continuer à creuser et terrifié par son obstination à ne pas admettre qu’à force de creuser elle va réellement finir par se planter et tuer iTunes. (OK, elle a déjà tué iTunes.)

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Orhan Pamuk, sur l’écriture

I’m happy when I’m alone in a room and inventing. More than a commitment to the art or to the craft, which I am devoted to, it is a commitment to being alone in a room. I continue to have this ritual, believing that what I am doing now will one day be published, legitimizing my daydreams. I need solitary hours at a desk with good paper and a fountain pen like some people need a pill for their health. I am committed to these rituals.
(The Paris review: Orhan Pamuk, The Art of Fiction No. 187)

Il n’y a évidemment pas qu’une seule façon d’écrire. Et j’ai toujours trouvé ça intéressant de comparer les façons de faire des uns et des autres, ainsi que la mienne. Et de voir comment tout cela évolue avec le temps.

Pas tant en ce qui concerne la manière d’écrire — assis, debout; en musique, en silence; à la main sur du papier avec un stylo ou un crayon de telle ou telle marque ou alors sur un ordinateur/tablette de telle ou telle marque, avec telle ou telle app; le soir ou le matin; nu et en érection ou habillé et chaste comme un moine; etc. — tout cela tenant plus du folklorique et de l’anecdotique (ou du conseil pratique : j’écris majoritairement debout ou allongé à cause de mon dos et d’une jambe douloureuse), qu’en ce qui concerne la façon même dont on conçoit l’écriture.

Par exemple, on pourrait mettre face à face la notion de Pamuk — savoir « qu’un jour » ce qu’il écrit et à quoi il se dévoue comme un artisan, « sera publié » — avec le Send dont nous parle Crouzet sur son blog et dans son dernier livre. Quelque chose que je connais bien, à défaut de l’avoir aussi bien analysé. Ou encore, pour parler d’un autre auteur que j’apprécie énormément, on pourrait le mettre en rapport avec le travail de François Bon sur son site : oeuvre ouverte et polymorphe, partagée alors même qu’il l’écrit : de l’artisanat en temps réel.

C’est génial. Ces deux-là sont passionnants à lire et à suivre comme auteurs et comme explorateurs de nouveaux terrains. Mais Pamuk — avec sa vision plus traditionnelle d’une écriture à pratiquer en solitaire, puis une fois terminée qui serait alors publiée pour être lue — ne me semble pas moins intéressant à lire. C’est différent.

On pourrait se demander s’il est encore possible, pour un nouvel auteur, d’écrire « à la Pamuk », aujourd’hui : seul à sa table, sans échange constant avec le reste du monde. Mais je pense que ce n’est pas la bonne question à se poser. Cela dépend de ce qu’on veut dire, et à qui on essaye de le dire.

Si je devais publier de la fiction aujourd’hui (ce n’est pas encore à l’ordre du jour) : bien entendu que ce serait en ligne et, probablement, ce serait sur Wattpad. Il y a pourtant beaucoup de choses que je n’aime pas dans cette plateforme, mais elle propose l’essentiel de ce dont j’aurais besoin en tant que nouvel auteur :

  1. Rendre visible. Faciliter la découverte de mon texte par de jeunes lecteurs. Jeunes, pourquoi ? Parce que ce sont des lecteurs dont on peut penser qu’ils se cherchent encore, et qu’ils sont prêt à prendre des risques avec de… jeunes — cette jeunesse-là n’est donc pas une question d’âge — auteurs.
  2. Créer un lien. Encourager les échanges entre ces lecteurs et moi. Comme ici, sur le blog, depuis toutes ces années.
  3. Par cet échange, réfléchir au texte et à son évolution. Cela ne veut pas dire attendre les ordres des lecteurs, mais avoir la possibilité de les écouter comme, au XIX siècle, les auteurs de séries que publiaient la presse, pouvaient écouter leurs lecteurs grâce… aux lettres qu’ils envoyaient aux journaux.

Cela ne m’empêcherait pas de réfléchir à des formes de publications plus traditionnelles. Ni de chercher une façon de monétiser cette écriture. Cela ne m’empêcherait pas non plus, souvent, de commencer d’écrire à la main — j’aime ça — puis de passer sur le clavier d’un ordinateur ou d’un écran.

De toute façon, quand j’écris à la main, même si je me voyais accroché à mon crayon comme un naufragé à sa planche, ce n’est pas comme si je me sentais seul au monde et perdu au milieu de l’immensité hostile de la feuille blanche. Car le reste du monde n’est jamais loin, même s’il ne prend pas de place posé sur le bureau ou rangé dans la poche de mon pantalon, dans mon iPhone.

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Sans fil, mais pas sans WiFi

Wifi
Y en a des réseaux WiFi, autour de l’appartement. Clic = grand

J’ai créé mon premier réseau WiFi — je devais écrire un manuel sur le sujet, qui ne s’est pas concrétisé — un peu avant que la technologie ne décolle en France. Il avait fallu importer tout le matériel et aussi pas mal s’arracher les cheveuxbricoler pour arriver à avoir un truc qui ne fonctionne pas trop mal. Les premiers temps, quand j’expliquais aux potes de passages chez moi que j’étais connecté à Internet sans fil, ils étaient nombreux à ne pas me croire, à prétendre que c’était impossible, que je trichais, que j’avais forcément caché un câble quelque part.

Certains en ont encore honte, aujourd’hui. Rassurez-vous les amis : vous resterez anonymes, j’emporterais vos noms dans la tombe. Tant que vous achèterez mon silence 😉

Cela dit ils n’avaient pas complètement tort : il y a toujours des câbles — si pas entre l’ordinateur et la box ou le modem — entre la box et Internet 😉

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Stephen King et l’inspiration créatrice

En feuilletant de vieilles notes, je suis tombé là-dessus :

Il y a un monsieur Muse, mais il ne va pas descendre en voletant dans votre bureau pour répandre sa poudre de fée créatrice sur votre machine à écrire ou votre traitement de texte. Il a les pieds sur terre. Il occupe même le sous-sol. Vous devez descendre à son niveau et, une fois là, lui meubler le local pour qu’il y vive.
(Stephen King, Sur l’écriture)

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