Comment écrire un roman en trois jours ?

Moorcock nous donne quelques conseils pour réussir cet exploit : How to Write a Book in Three Days, Neil Jomunsi a eu la bonne idée de traduire ces conseils en français : Comment écrire un roman en 3 jours ?

S’il fallait les ramener à un seul conseil, ce serait : préparez-vous à fond avec des listes.

Je n’ai pas écrit de roman en trois jours. Je n’ai encore terminé aucun roman, en fait. Je ne peux donc pas vous dire si ça marche. Mais, même sans se fixer un objectif aussi fou que Moorcock, une chose est sûre en ce qui me concerne : impossible d’écrire quoi que ce soit si je ne me suis pas un minimum préparé.

King écrit quelque part « ne venez pas en touriste à la page blanche » — don’t come to it lightly, si je me souvien bien. C’est exactement ça, pour moi.

Pas forcément besoin de faire un plan détaillé de tout ce qui va se passer de la première à la dernière page, pas besoin de savoir combien pèse mon héroïne ou quel est son plat préféré ni le nom de ses trois arrières-grands-tantes, mais j’ai besoin d’avoir une idée de ce qui va se passer, de ce qui va se dire, de qui veut quoi — de ce que je vais écrire. J’ai besoin de quelques odeurs, de couleurs, de bruits, d’une lumière — toutes ces choses qui font la scène.

Au fond, on pourrait comparer ça à un souvenir fabriqué de toute pièce, un souvenir que je voudrais raconter à un correspondant imaginaire. Ça en fait des mensonges, juste pour me rassurer — oui, j’ai quelque chose à écrire — au moment ou je m’assois.

Quitte à écrire tout autre chose, une fois que la machine est lancée.

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Tu ne possèdes pas la vérité

You don’t get to decide the truth. Other people have their own experiences, just as valid.

Encore une excellente remarque de Frank Chimero, qui pourrait se traduire à peu près ainsi : « Tu ne décides pas de ce qui est vrai. D’autres que toi ont leurs propres expériences, tout autant valides. »

C’est tellement évident qu’on a tendance à l’oublier. Comme on a parfois tendance à oublier une autre évidence : si on ne décide pas de la vérité, on décide de la façon dont on traite les vérités des autres.

On peut les prendre comme des alternatives qui enrichissent notre expérience globale du monde; on peut penser qu’ils se trompent et chercher à en discuter avec eux, comprendre pourquoi et comment sortir de l’erreur; ou alors on peut les mépriser, chercher à les discréditer et à les ridiculiser à coups de mesquines allusions aussi assassines qu’hypocrites — à chacun le soin de décider quel genre de (bon)homme il souhaite être, n’est-ce pas.

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Apple Watch, à la recherche du temps perdu ?

Avec l’annonce de de l’Apple Watch, j’ai réalisé à quel point c’était étonnant de fusionner — et impressionnant de réussir à le faire — ces deux technologies si intimement liées au passage du temps et pourtant si différentes : l’horlogerie et l’informatique.

L’horlogerie, la montre. Cette vieille technologie, même pas forcément très précise, de mesure du temps qui passe. Mais aussi du temps qui ne disparaît jamais complètement sans laisser de trace : il suffit de regarder les aiguilles courir les unes derrière les autres, tourner en rond avec, à chaque pas qu’elles font, cette toute petite hésitation pour se dire que le temps qui passe n’est jamais complètement oublié.

Une technologie de mesure du temps qui passe, dans un objet qui dure et qui est fait pour être transmis — j’ai toujours la montre que mon grand-père avait au poignet quand il avait vingt ans, ce n’est même pas une montre de prix.

L’informatique, classique ou wearable. Cette technologie connectée toujours à la pointe d’elle-même et qui peut tout faire à la perfection — me dire où je suis, me dire combien de pas j’ai fait depuis mon réveil, me dire qui pense à moi, mesurer mes battements de coeur, me jouer mon air préféré — y compris mesurer le temps qui passe, à la fraction de seconde près.

Une technologie entièrement basée sur la mesure du temps et entièrement pensée pour tirer le maximum de chaque seconde, comme on presse un citron jusqu’à le broyer — la fréquence d’un processeur, ses GHz, indique combien d’opérations il est capable de faire par seconde, rien d’autre.

Une technologie de mesure du temps qui passe, dans des objets qui, s’ils ne sont pas jetables (ils ne le sont pas), ne sont certainement pas pensés pour durer ou pour être transmis comme une montre, mais pour être renouvelés — ces smartwatches seront obsolètes dans quelques années, comme les tablettes et smartphones.

Obsolètes, ces merveilles de précision ne seront alors plus connectées à rien d’autre qu’elles-mêmes, réduites à ne plus rien faire d’autre que donner une heure précise à la microseconde à… personne, que la poussière au fond du tiroir où on finira de les oublier — le temps d’épuiser leur petite batterie.

Deux façons de ressentir le temps qui passe ? Comme de quelque chose à apprécier et à célébrer, quelque chose qui a tant de valeur qu’il mériterait d’être incarné au coeur d’un objet qui lui serait dédié ? Ou comme de quelque chose à consommer et à optimiser, à caler avec tout le reste quelque part à la surface d’un objet, avant de l’oublier ?

Qu’elle soit proposée en modèle de luxe en or 18 carats ne change rien à cette impression, sauf peut-être de savoir la somme que nous sommes prêts à dépenser pour montrer à quel point on se fiche du temps qui passe, plus occupé à savoir combien de pas on a fait dans la journée ou à compter les RT sur Twitter ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas, car si j’ai encore la montre de mon grand-père que je garde en état de marche, c’est très rare que je la porte à mon poignet : je regarde l’heure qu’il est sur l’iPhone, sur l’iPad ou sur le Mac.

En revanche, je sais que l’annonce de la montre de Apple ne m’a pas fait me dire j’ai besoin — ni même, j’ai envie — d’avoir toute cette perfection à mon poignet, tout le temps. Je ne suis pas certain de savoir quoi en faire.

Et, ça, c’est une première pour moi avec Apple.

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Des enfoirés

C’est comme ces mecs qui sont aux Restos du cœur et qui demandent à des Rmistes d’acheter leurs albums pour que ces mêmes Rmistes puissent manger quoi… Je trouve ça honteux. J’ai eu la possibilité de les rejoindre mais je leur ai dit d’aller se faire enculer. J’ai eu la chance de côtoyer Coluche et franchement il a dû se retourner plus d’une fois dans sa tombe.

Bernie Bonvoisin

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