Les envahisseurs

Dans un entretien au Guardian, le romancier et scénariste Neil Gaiman explique qu’il va cesser d’utiliser les réseaux sociaux pendant six mois. Des vacances, en quelque sorte, loin de ses plus de 1 800 000 followers sur Twitter. Il coupe le robinet pas tellement à cause du temps qu’il consacrerait à ces réseaux sociaux, que pour lutter contre leur côté envahissant qui se propage à tous les recoins de notre existence :

He says the problem isn’t the amount of time spent using social media; it’s how it spreads into every cranny of our existence.

Cloisonner, ne pas se laisser envahir. Il n’est pas nécessaire d’être une vedette de la stature de Gaiman pour en bénéficier, et ça ne concerne pas que les réseaux sociaux.

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What is a story

(…) When the man sits down again, Xiaoyi says, “I’ll tell you a gentle story.”
“I’ve heard such stories. They’re liquid. Sticky, wet, filled with the smell of tears and mucus. I don’t like them.”
“Stories are not liquid.” Xiaoyi glares at him.
Before the man can argue with her, something tumbles from above and falls into his lap. It’s warm, furry, and squirms around: a pure white puppy! Round, dark eyes. Wet nose. Oh, it’s sticking out its pink tongue and licking the man’s finger.
“Stories are like dogs,” Xiaoyi explains. “When called, they appear.”
“How did you do this?” the man asks, carefully cradling the puppy and watching it suck on his finger.

(Tang Fei: Call Girl, translated by Ken Liu)

Awesome story.

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Gestion des liens dans Ulysses III

Je poursuis mon test lent de Ulysses et Daedalus. Une chose est certaine : les créateurs de Ulysses ont ce qu’on peut appeler une vision de ce que doit être leur produit et de la façon dont on doit l’utiliser. Ce qui explique certains choix radicaux.

Mais où faut-il tracer la limite entre cette volonté de bien faire et se mêler de ce qui ne vous regarde pas ? J’ai ainsi été très surpris de découvrir que Ulysses III modifiait les liens dans les fichiers que j’importais — qu’il réécrivait mon texte — pour les gérer à sa sauce via des renvois en bas de page.

Quid
À gauche, le fichier dans TextMate, comme je l’ai écrit. À droite, le fichier ouvert dans TextEdit après avoir d’abord été importé dans Ulysses. Tous les liens ont été placés en bas de page. WTF?

Ça peut sembler un détail, et ça peut parfaitement convenir à votre façon de bosser, ce n’est pas mon cas — j’ai essayé de gérer les liens de cette façon, ça ne me convient pas.

Peu importe les motivations « techniques » derrière cette décision. Est-il excessif d’assumer que je sois assez intelligent — plus intelligent qu’une application — pour décider moi-même de la façon dont je souhaite écrire ? Notez que la question est de pure forme : je connais la réponse ;)

Bon, je ne compte pas utiliser Ulysses pour blogger (ce qui explique que je n’ai vu ça que maintenant). Ce n’est donc pas un souci que je devrais supporter, mais ça reste une décision qui dépasse de loin les… pouvoirs… que j’accorde à une application.

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Choisir ses lecteurs

Si vous choisissez vos lectures, je me donne le droit de choisir mes lecteurs (sur twitter).
(Geekunivers, qui explique pourquoi il a passé son compte Twitter en privé.)

Pourquoi pas. C’est toujours une question d’équilibre, peu importe comment on y arrive. Filtrer l’entrée ou, comme moi, choisir d’ignorer les trolls (après avoir stupidement essayer d’attirer l’attention sur cette nuisance), ou encore complètement s’en foutre et y aller sans se poser de questions. Dans tous les cas, cette recherche d’équilibre, toujours entre deux (re)chutes, ça s’appelle marcher : avancer.

Une chose est sûre, en revanche, avoir vidé ma TL (choisi mes lectures, donc, pour reprendre le mot de Geekunivers) ou, plus exactement, lui avoir rendu sa fonction première (qui n’est pas de troquer des « je te suis, si tu me suis », mais de suivre celui/celle qui nous plaît ou nous intéresse) m’a redonné un immense appétit pour Twitter.

Ça m’a aussi redonné le goût d’essayer : je me surprends à suivre à l’essai pas mal de monde et à ne pas hésiter à me désabonner si ça ne donne pas ce que j’espérais. Sans me sentir injurieux de le faire.

Twitter a cessé d’être une contrainte ou une dépendance à laquelle je m’accroche à chaque instant de la journée, et la nuit quand je ne dors pas, pour redevenir un moment sympa, presque autant qu’un bon thé. C’est dire.

Un peu sur le même sujet : Combien de livres laissez-vous tomber ?

Edit, complètement oublié l’excellent billet de mon camarade @urbanbike sur la même question : Suivre ou ne pas suivre : That is not the question!

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L’obsolescence programmée est reportée à une date ultérieure

Les copains de chez MacBidouille ont publié ce petit tableau qui résume la compatibilité des terminaux avec la prochaine version de iOS :

Tableau
Suivez le lien pour le voir en grand, chez eux.

Apple — que quelques pisse-copie en mal d’inspiration se sont amusés à décrire comme l’incarnation de l’obsolescence programmée — a annoncé que les prochaines versions de iOS 7, à sortir vers septembre 2013, pourront s’installer sur tous les iPhone jusqu’à l’iPhone 4 (sorti en juin 2010), et sur tous les iPad jusqu’à l’iPad 2 (sorti en mars 2011, l’iPad 1er du nom étant sorti en avril 2010).

On aura donc au moins 4 générations d’iPhone (les 3 dernières, plus celle à sortir en même temps qu’iOS7) qui pourront utiliser la dernière version d’iOS de Apple. On aura donc au moins aussi 4 générations d’iPad (les 3 dernières, plus au moins une nouvelle génération que l’on attend).

Bien sûr, il reste à voir comment ces OS tourneront sur le matériel le plus ancien — sûrement moins confortablement que sur les machines récentes, mais probablement correctement: Apple préférant ne pas offrir la mise à jour plutôt qu’une expérience trop pénible.

Bien sûr, Apple pourrait faire encore mieux (comme elle le fait avec les Mac). Mais — en en attendant l’avènement de ce monde parfait où on ne jettera plus jamais rien — quelqu’un peut me rappeler ce qu’il en est des mises à jour et de la compatibilité des smartphones chez la concurrence ?

Ils sont où les inquisiteurs si impatients de brûler Apple ? Sans doute est-il plus facile de trouver un bouc émissaire, surtout quand il se montre aussi insolent que l’est Apple, que de chercher à analyser un problème plus en profondeur. Mais c’est pas nouveau.

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Sur le prochain iOS

Les attentes autour d’iOS sont fortes. Difficile de ne pas lire la floppée d’articles qui attendent, quand ils n’exigent pas sous peine de bouderie ou de passage à la concurrence :

  • Un nouveau design, voire une nouvelle ergonomie.
  • Un OS plus mature — comprenez un OS qui se laisse personnaliser et qui s’adapte aux petites habitudes de chacun(e).
  • Un peu de woaw. Pour se motiver avant de faire la queue à la caisse, sans doute.

Mais à lire certaines de ces listes de souhaits, je me dis parfois qu’il ne leur manque que de souhaiter un port USB et un Finder pour transformer le prochain iOS/iPad en… OS X/Mac (ou PC, si vous préférez). Un comble.

Je n’ai évidemment pas la moindre idée de ce que Apple va sortir de son chapeau. Mais je suis sûr de ceci :

  • Ce ne sera pas ce « PC 2.0 » qui permettrait aux geeks de continuer à bosser sur leur tablette comme ils bossaient sur leur PC.
    Un tel changement ne serait pas qu’une incroyable mise à jour, de la part de Apple, ce serait carrément qualifier d’échec ce qui est son plus gros succès.
  • Apple ne fabrique pas ses appareils pour combattre la lassitude ou le manque d’inspiration de certains journalistes ou geeks (pour ça, y a changer de job ou de hobby), ni pour satisfaire leur besoin d’être émoustillés (pour ça, y a la chambre à coucher, la boite de Kleenex, etc.).

Ce qui est sûr, aussi, c’est que Apple n’est plus toute seule sur le marché. Elle serait téméraire de ne pas avoir pris en compte une partie de ces attentes et la possibilité de faire évoluer iOS vers une utilisation plus « experte » qu’elle ne l’est actuellement.

Je suis impatient de voir ce qu’elle va nous annoncer, le nouvel équilibre qu’elle va nous proposer, dans moins d’une petite heure.

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Ulysses, qui revient de III

(Woaw, encore un titre génial ! Si, si, car il tisse un lien ô combien subtil entre un célèbre grand paumé de l’Histoire — Ulysse, le rusé renard (mais ayant un sens de l’orientation digne d’une huître) qui, après la guerre de Troie, se perd sur le chemin du retour (notez qu’on l’aide à se perdre, sinon y aurait pas d’histoire), et qui va passer dix ans à essayer de retrouver son chemin (c-à-d autant de temps qu’aura duré le siège de Troie) — et une certaine application et ma propre situation.)

Le couple Ulysses/Daedalus me fait hésiter — je ne sais pas quoi faire.

En fait, ce qui me fait hésiter c’est de renoncer à manipuler mes fichiers TXT moi-même. Leur donner un nom, dire où les enregistrer et, surtout, pouvoir y accéder comme je veux, avec l’application que je veux. Renoncer à quelque chose qui me semble être la raison d’être même des fichiers TXT (et de Markdown) : la compatibilité et la portabilité.

Là où on pourrait voir une innovation, peut-être que j’y vois un repackaging de nos usages d’avant l’utilisation de Markdown et du TXT : travailler dans une app, se lier à une app et pas dans une autre — du moins pas sans manipulations supplémentaires.

Alors que depuis des années mon travail s’organise autour de mes textes — toutes mes apps accédant aux mêmes fichiers, les apps sont des satellites qui orbitent autour de leur soleilmes textes — je devrais recommencer à organiser mon travail autour d’une application : mes textes orbitant autour d’une app.

J’hésite à sauter le pas. Si j’hésite, c’est bien entendu que je trouve le couple Ulysses/Daedalus très efficace et séduisant — si pas sans reproches.

Pourtant, mon hésitation me fait sourire, j’utilise déjà depuis longtemps une autre app qui me « prive » de mes fichiers — une app qui les stocke dans le dossier de son choix (caché), qui leur donne des noms impossibles à retenir et qui me force à exporter mon texte dès je veux l’utiliser ailleurs — et j’adore cette app, dans laquelle j’écris en Markdown.

Cette app, c’est Day One.

Pourquoi une telle différence de jugement de ma part ? Je pense que ça tient dans le type de texte que je confie à Day One et à Ulysses. Un journal — ce qu’est Day One pour moi — est quelque chose de bien plus statique, moins sujet à être édité et manipulé qu’un texte sur lequel je travaille : article de blog, livre ou même liste de courses.

J’y reviendrai.

Sur le même sujet :

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Raccourcis clavier dans Ulysses, sur un clavier AZERTY

Les applications étant rarement développées sur des ordinateurs tournant en français, on se retrouve parfois avec des raccourcis clavier qui ne marchent pas, ou pas aussi facilement que prévu, quand on utilise un clavier AZERTY.

Shortcuts

Ainsi, les raccourcis Cmd+1, Cmd+2 et Cmd+3 du menu View, dans Ulysses, sur un portable AZERTY se lisent en réalité MAj+Cmd+chiffre.

Pas de chance, Maj+cmd+3 — pour afficher l’éditeur sans les barres latérales dans Ulysses — est aussi le raccourci utilisé par Apple pour faire une capture d’écran. Essayez : il ne se passe rien dans Ulysses, mais vous aurez fait une capture d’écran (enregistrée sur le Bureau du Mac ou dans le dossier Images, je ne sais plus).

En attendant une éventuelle modification de Ulysses (je leu ai signalé le souci) pour prendre en compte nos particularités clavières — si ce mot n’existe pas, il devrait, tant il est charmant — je signale qu’il est toujours possible de modifier les raccourcis Apple via les Préférences système -> Clavier -> Raccourcis :

Shortcuts 2
Double-cliquez sur un raccourci pour le changer.

Ici, j’ai remplacé Maj+cmd+3 par Cmd+ », tout simplement.

Ça me gêne d’autant moins de changer le raccourci de Apple que j’utilise Snapz Pro X pour mes captures — qui utilise le raccourci Maj+Cmd+5 depuis Mountain Lion ;)

Edit le 13/06/2013 :

Plusieurs lecteurs ainsi que les devs de Ulysses me rappellent qu’on peut également modifier le raccourci clavier défini dans Ulysses, plutôt que celui de Apple. C’est vrai, et j’aurais pu le préciser mais bon paresse, tout ça. Voilà comment faire.

Ça se passe toujours dans les Préférences système -> Clavier -> Raccourcis clavier -> Raccourcis de l’application. En appuyant sur le signe + , on choisi Ulysses dans la liste des apps, on tape « Editor only » dans le champ Titre du menu (le texte du menu doit être tapé exactement comme il apparaît dans le menu Ulysses, sinon le raccourci ne fonctionnera pas), puis on défini le raccourci clavier, comme ça :

Screen Shot 2013 06 11 at 13.05.22

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