Ulysses passe à l’abonnement

Ulysses passe à l’abonnement.

Pour rappel, un abonnement :

  • Ce n’est pas du racket : personne n’est obligé de s’abonner. Il y a d’autres apps… même complètement gratuites. Les autres apps sont moins bien que Ulysses ? Voyez le dernier point de cette courte liste.
  • Ce n’est pas du racket-bis : contrairement aux bêtises qu’on peut lire dans certaines réactions, nos textes ne sont pas « enfermés dans Ulysses » ni pris « en otages par les devs de Ulysses » : sans parler du fait que, sous le capot, les fichiers restent du TXT tout e qu’il y a de plus standard, l’app elle-même, même sans payer l’abonnement, permettra toujours d’exporter le contenu dans un tas de formats différents en un click ou deux.
  • Les clients de la version payante classique se voient, provisoirement, proposer une remise à vie sur le prix de l’abonnement annuel. La remise n’est pas énorme ? Non (mais rien ne les obligeaient à en proposer une). Perso, je dirais que c’est pas assez pour me pousser à m’abonner sans attendre…
  • Comme à chaque fois qu’une app passe à l’abonnement, la question se ramène à savoir si on a réellement besoin de cette app, ou pas. Et combien on a les moyens d’y mettre.

Pour le reste, c’est toujours la même déprime de lire les réactions outrées et haineuses de certain(e)s. Quant à moi, je vais tranquillement attendre–la version actuelle ne s’étant pas arrêtée de fonctionner d’un coup de baguette magique, il n’y a pas d’urgence à sauter sur l’abonnement. Ca me permettra de :

  • Voir ce que les devs de Ulysses vont annoncer comme nouveautés.
  • Voir, surtout, comment ma façon d’écrire va continuer d’évoluer depuis l’arrivée du Chromebook dans ma boité à outils, et la place qu’y aura Ulysses : ne pas pouvoir utiliser la même app sur le Chromebook que sur l’iPad ou le Mac commence à me peser… or, je n’ai aucune envie de renoncer au Chromebook.

C’est d’ailleurs une des raisons qui m’avait persuadé de m’abonner à Day One, alors que rien ne m’y obligeait bénéficiant déjà de tous les avantages offerts avec l’abonnement : la promesse d’une version Web et Android (aka, compatible Chromebook). J’aimerais tant lire la même annonce de la part des Soulmen–en fait, si je l’avais lue, je m’y serais déjà abonné.

 

 

L’enfer, made in Japan

Je n’avais jamais envisagé l’idée de finir écrabouillé sous un rouleau à pâtisserie avant d’être découpé en nouilles…

These concepts of hell (jigoku; 地獄 in Japanese) are derived from ancient Buddhist scriptures, and I’m ceaselessly amazed by the imagination of the monks and artists who came up with so many different forms of punishment. The range from the fairly standard – being eaten alive by demons and dragons, or being torn apart at the crotch – to the more inventive – being forced to hold large stalks of daikon radish in your mouth and being used as a drumstick. Then, there’s my favorite: being flattened out by a roller and then cut up into soba noodles.

Exploring Japanese Hell Through Art from the 12th to 19th Century, via… je sais plus qui, mais merci.

Le bouquin dont sont tirées ces illustrations (y en a d’autres à voir, si vous suivez le lien) est disponible en précommande à 67 €. C’est assez tentant… Ou alors je me force à acheter et lire tel ou tel des bouquins publiés par nos politicien(ne)s ?… Mmmm… On a les enfers qu’on peut, mais je ne suis pas maso à ce point: ce sera donc l’enfer japonais.

Ecrire sur un Chromebook ? (un autre test, en anglais)

Dans la série « un Chromebook peut-il faire une bonne machine à écrire connectée » (j’en parle ici et ), je viens de tomber sur cet article en anglais: Word Processing on a $200 Chromebook, Coming From an Enthusiast Desktop.

Un autre point de vue sur une même démarche, avec des conclusions pas forcément très différentes des miennes… même si je compte l’utiliser encore quelques temps avant de conclure quoi que ce soit, de mon côté 😉

À noter que l’auteur, un américain, a choisi le modèle de Chromebook que j’aurais voulu acheter à la place du mien (Asus C202SA : moins de 1 kilo, écran mat de 11″ qui se rabat à 180°, coque renforcée avec, comme mon modèle, un bon écran et clavier)… s’il avait été disponible en France. Hélas, le seul modèle proposé ici ne disposait que de 2go de ram, pas assez à mes yeux. Merci, Asus, vraiment. Bref.

Quelques éditeurs de texte en ligne (plus des questions existentielles)

Quand je suis sur le Chromebook, je ne peux pas utiliser Ulysses, ni Day One. Pas même le vénérable Scrivener. Qui plus est, partant du principe que je dois jouer à fond la carte du “tout connecté”, j’ai décidé de n’utiliser que ce qui s’intègre bien avec Google Drive et de tout faire en ligne—même pas peur.

Google Docs, le choix le plus évident, n’est malheureusement pas très performant sur les gros fichiers : il rame, c’est encore plus sensible sur le Chromebook et son petit processeur. S’il n’est pas complètement inutilisable, c’est quand même vachement pénible (au point que je découpe mes textes en petits fichiers). Et puis, on ne devrait pas avoir à supporter ça quand on manipule du texte dans un traitement de texte.

Pour le moment, je continue à l’utiliser mais j’ai déjà recherché quelques alternatives. Si je n’ai pas tout essayé, voici celles qui, à mon avis, méritent votre attention. On sort du traitement de texte traditionnel, pour se tourner (surprise ?) vers les éditeurs. Donc, pas de Word (qui est disponible) ni d’autres choses de ce genre.

La plupart de ces apps étant des pages Web ou une extension Chrome ou quelque chose dans le genre, vous pouvez les utiliser sur un Mac ou un PC, du moment que vous avez installé Chrome.

  • Caret. Gratuit. Il fonctionne avec ou sans connexion à Internet et supporte Google Drive. Minimaliste, si pas austère, il est performant.
  • Calmly Writer (gratuit et payant) Lui aussi fonctionne qu’on soit ou non connecté à Internet. Son interface est plutôt sympa et s’adresse d’avantages aux auteurs qu’aux codeurs (bien que je sois un peu troublé par sa gestion des fichiers) et on peut le personnaliser.
  • Writer, de Bighugelab (il y en a d’autres du même nom). Gratuit, avec aussi une version payante. Pas mal… mais ne travaille pas directement depuis Google Drive: en export uniquement, avec la version payante.
  • DiveNotePad. Gratuit, très bien intégré à Google Drive (ou Dropbox). Très simple et performant.

Ben alors, David, tu ne proposes aucun éditeur “optimisé” pour Markdown ? Nope.

Pourtant, il y en a (surprise d’y croiser IA Writer), mais aucun ne m’a convaincu… Essentiellement parce que la plupart de ces apps “Markdown” sont des apps Android et qu’elles ne sont pas bien intégrées à Chrome OS: Android sur Chrome c’est de la beta… on attendra encore un peu. Mais, encore une fois : je n’ai pas tout testé. N’hésitez pas à partager vos trouvailles si vous en avez 😉

Ces recherches m’ont aussi amené à me poser quelques questions sur l’évolution des apps.

To service or not to service, that is the question

D’abord, ça m’a fait réaliser que c’est tout à fait possible de travailler en ligne, directement dans une page Web… Au moins pour écrire, mais aussi pour des tâches un peu plus exigeantes. Les apps classiques ont pas mal de qualités, dont celle de pouvoir répondre à des besoins très spécifiques, c’est certain. Mais il n’y a aucune raison technique pour ne pas réussir à proposer la même chose en ligne. C’est uniquement une question de désir et de maturation des technos.

Refuser par principe cette idée me semblerait aussi borné que refuser de considérer Markdown comme outil de travail “parce que c’est pas Word”, ou la publication électronique “parce que c’est pas imprimé sur du papier”.

Bref, je serais curieux de voir qui, de Ulysses, Day One ou même Scrivener, osera sauter le pas en premier ? Ou alors la surprise viendrait d’un nouveau joueur ? Qui sait, j’ai déjà noté quelques tentatives intéressantes mais encore un peu trop jeunes pour les recommander ici.

Par contre, qui dit service en ligne dit abonnement (gratuit ou payant) et on devrait d’urgence se demander quelle espérance de vie/rentabilité auront ces apps/services en ligne ? 

Non seulement au vu de l’allergie de nombreux utilisateurs à l’idée de payer pour un service logiciel. Pour un exemple récent, voyez le buzz négatif autour de l’annonce de Day One de passer de l’achat à l’abonnement (je m’y suis abonné, si vous vous posez la question).

Mais aussi parce que, y compris dans les apps mentionnées plus haut, avec un service on n’a aucune certitude sur leur avenir, ni aucun contrôle. Qu’est-ce qu’elles vont devenir ? Qui nous assure qu’elles continueront à être développées ? Une app achetée, je peux la réinstaller même si son dev met la clé sous la porte. Je peux aussi continuer à l’utiliser sans la mettre à jour si, par exemple, sa nouvelle version ne me plait pas. Tout ça est impossible avec un abonnement.

La question se ramène surtout à savoir s’il est possible pour des développeurs indépendants de proposer ces petites apps/services et d’en faire un business rentable, ou si ce n’est supportable que par les géants Google, Apple ou Microsoft… qui gagnent leur argent ailleurs ?

Parce que si tout dépend de ces multinationales, on peut dire adieu aux apps si spécifiques mais que l’on aime tant utiliser : ce n’est pas Google, Apple ou Microsoft qui vont imaginer Day One ou Ulysses… Ce genre d’apps intéresse bien trop peu de monde. Et, en tant qu’utilisateurs, quels moyens aurions-nous alors pour influer sur leur développement ?

Aurons-nous alors tous droit au mêmes apps, du genre de Word online, Google Docs ou Pages, certes utilisables gratuitement… mais à quel prix ? Un produit identique pour tout le monde, avec presque pas de moyens de le faire à notre main ? Et tant pis pour nous qui recherchons autre chose ?