Une machine sans cloud, Scrivener et son ScratchPad

Sortir ses fichiers du cloud, c’est réapprendre à n’utiliser qu’une seule machine, celle qui contient vos fichiers.

C’est aussi, parce qu’on est curieux et parce qu’il n’a pas besoin du cloud, installer Scrivener sous Windows et se dire que les dernières versions de cette géniale application ont beaucoup mûri — au point de procurer une expérience d’utilisation aussi satisfaisante que la version pour OSX. En être tellement agréablement surpris que, sans vraiment y penser, on commence à griffonner une idée dans le ScratchPad de Scrivener et qu’on se dit qu’on pourrait tout aussi bien créer un nouveau projet, pour développer cette idée, histoire de voir si on peut en tirer quelque chose. Et tout ça sans sortir de Windows.

Scratchpad Windows
Il faut lire « nos lointains descendants », bien sûr, et pas « ancêtres ».

Le Scratchpad de Scrivener, c’est un bloc-notes toujours disponible, d’un raccourci clavier, où qu’on se trouve dans OSX ou Windows, du moment que Scrivener est démarré.

Son interface, vaguement faite à la Notational Velocity (comme avec NV, on peut choisir un affichage vertical ou horizontal) est minimaliste : c’est-à-dire peu encombrante et efficace. Chaque note est automatiquement enregistrée (sur base de son titre) sous forme d’un fichier RTF (c’est-à-dire qu’on pourra les éditer depuis n’importe quel traitement de texte, sur n’importe quelle machine), dans un dossier dont vous pouvez choisir l’emplacement — y compris pour le placer dans Dropbox ou dans OneDrive, si vous choisissez d’utiliser le cloud :

Scratchpad Windows 2
La tentation est grande de replonger dans le cloud, je vous dis pas ;)

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(somewhere over the) Rainbow Friday

Essayer d’imaginer si, enfant, quelqu’un s’est jamais rêvé d’être un adulte qui s’inquièterait de l’épaisseur d’un téléphone, se réjouirait de la nouvelle couleur d’une icône trop longtemps restée bleue, se pâmerait devant une excitante remise sur une paire d’enceintes ou sur un chargeur de piles.

Enfant, je voulais quitter la Terre. Raconter des histoires. Et vivre des amours fous. Je le veux toujours.

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Black (& White) Friday

Regarder toutes les offres du Black Friday, s’exciter de ces belles économies qu’on peut faire et qu’on serait bête de rater, remplir le panier de nouvelles machines qui sont toutes plus mieux que les anciennes. Juste avant de valider, un instant hésiter — pour en faire quoi ?

La même chose qu’on fait avec les machines qu’on possède déjà — vider les paniers.

(Ré)apprendre à acheter en fonction de ses besoins, plus qu’en fonction des encouragements et des sourires du publicitaire ou du vendeur.

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Encourager la lecture des traductions ?

Us

The Constant Gardener, 5.76$ en Kindle sur Amazon. Sa traduction française, La constance du jardinier, en Kindle sur Amazon toujours : 11,42$. Deux fois plus cher, donc.

Fr

Désolé, les éditions du Seuil — autant je souhaite vraiment lire plus souvent en français, y compris des traductions — mais, là, je vais passer mon tour.

Faut bien payer le traducteur ? Bien sûr. Mais faudrait aussi que je puisse me payer le livre, pour commencer.

J’aimerais beaucoup, tel un Jésus du porte-monnaie, pouvoir multiplier les billets de banque comme l’autre Jésus, dit-on, de son temps multipliait les petits pains (et les sermons), mais ces messieurs-dames de la Banque de France l’auraient sans doute mauvaise de me voir jouer de la photocopieuse. Même au nom — noble entre tous — de l’accès à la Culture.

Ce sera donc dans l’original, plutôt que dans sa traduction, que je lirai mon premier roman de John Le Carré. Mais ce sera quand même sur le Kindle.

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La tête (plus tellement) dans les nuages

Icloud

J’avais déjà renoncé, depuis longtemps, à la syncro des photos à la sauce Apple, c’est maintenant iCloud Drive qui passe à la trappe. Marre des petits soucis à répétition : le cloud, si ça ne marche qu’à peu près, c’est que ça ne marche pas du tout.

Un jour, Apple aura un cloud qui fonctionne. Enfin, je lui souhaite. En attendant, je prends un peu de recul, histoire de faire le point sur mon usage et sur la place du cloud dans ma boite à outils.

Je continue à utiliser son cloud pour les contacts, calendriers, mails et pour Safari. Ce sont mes fichiers, les textes et les photos, donc, que je ne confie plus à Apple.

En clair, je lui retire tout ce qui est irremplaçable : je peux redemander ses coordonnées à un contact, retrouver un signet sur Internet, vérifier un RDV avec un contact, etc. Mais je ne peux pas récupérer un fichier disparu ou corrompu, je ne peux pas « recréer » un fichier qui refuse de synchroniser, pour continuer à travailler dessus.

Comme alternatives à iCloud Drive, il me reste :

  • Dropbox — sauf que la version gratuite est trop petite.
  • OneDrive — avec 50Go offerts (dans mon cas) ou, plus encore, avec 10 To (abonnement Office 365) plus la promesse d’un espace illimité à venir, c’est pas comme si je risquais de manquer de place. Génial, sauf qu’il souffre de cette #@/$?! de limite à la *@! sur la longueur maximale des noms de fichiers (bienvenue chez Microsoft).
  • Pas de cloud. Plus de cloud.
    Et par la même occasion, accessoirement, dire « non, merci » à celles et ceux qui s’imaginent que, parce que je le passe en ligne, chaque jour est une journée portes ouvertes sur ma vie privée.

Plus de cloud ? Quelle idée géniale

Enfin, peut-être ou peut-être pas, je ne sais pas : je vais essayer. Le plus gros souci, au quotidien, ça va être pour Day One (j’y reviens, longuement, dans un prochain article) et pour Ulysses, que j’utilise pas mal depuis l’iPhone et l’iPad.

Mais, je le répète, virer mes fichiers du cloud — virer mes fichiers, c’est autre chose que d’arrêter d’utiliser tous les services en ligne, dois-je le préciser ? — c’est aussi l’occasion de faire le point sur le contenu de ma boite à outils : Mac, iPhone et iPad compris.

Un droit d’accès à mes fichiers

Quand on achète un ebook sur Amazon (et sur pas mal d’autres sites) on achète en réalité un droit de lecture, un droit d’accès à l’ebook. On ne possède donc pas un livre numérique, comme on possède un livre papier qu’on achète. C’est pour cela que Amazon a pu, il y a quelques années, virer le roman « 1984 » de la liseuse de ses clients (on en parlait, ici, en 2009).

En réalisant que je dépendai de plus en plus des choix de Apple (ou de Microsoft ou d’autres) pour pouvoir profiter de leur cloud, je me suis dit que ce n’était pas loin d’être la même chose — sauf qu’il s’agit de payer pour avoir un droit d’accès à « mes » fichiers.

En effet, en dehors même du coût du stockage au-delà de l’offre gratuite basique, pour se connecter à iCloud Drive il faut posséder une machine assez récente pour faire tourner OS X Yosemite, et il faut un iPad et un iPhone assez récents pour faire tourner iOS 8.

Si Apple est plutôt un bon élève en terme de compatibilité avec les anciennes machines, j’avoue que j’ai un peu de mal à me faire à l’idée que iCloud Drive ne soit compatible qu’avec la toute dernière version de ses systèmes d’exploitation. Ce n’est pas le message que j’aurais aimé entendre.

Que se passera-t-il le jour où je ne voudrai, ou ne pourrai, plus me payer du matériel assez récent pour profiter du cloud ? Il ne se passera rien, me direz-vous, je n’aurai qu’à renoncer au cloud. Justement, pourquoi ne pas essayer de m’en passer tout de suite ? Ou chercher une solution alternative.

Sortis du cloud, mes fichiers redeviennent mes fichiers. Sans le confort du cloud, ce cordon ombilical qui les relie — et moi aussi, par la même occasion — à leur société mère, l’ordinateur et la tablette redeviennent mes outils, et plus des outils mis à ma disposition jusqu’à leur prochaine mise à jour, ou la suivante.

Très naïvement, je pense que le consommateur a son mot à dire sur l’évolution des produits et les choix des entreprises, je pense tout aussi naïvement qu’il détient un vrai pouvoir : celui d’utiliser ou pas les produits ou services qu’on lui propose, le pouvoir de ne pas acheter. Et d’en parler.

J’ai adopté le « cloud » il y a des années, j’ai fait la promo de Dropbox dans mes journaux alors qu’elle n’était encore qu’en bêta. J’ai publié un paquet d’astuces et de suggestions pour tirer le max des différents outils, ici même. Ce n’est donc pas comme si j’y étais allergique, ou comme si j’étais un luddite amoureux de son silex taillé ou nostalgique d’un hypothétique bon vieux temps. Et je n’ai pas besoin de cacher ou réécrire la moitié de ce que j’ai pu publier, pour pouvoir affirmer ça.

Le cloud — qui n’est qu’un mainframe enrobé de marketing, sur lequel se connectent des terminaux dotés d’une chouette interface, hein — est un outil génial. C’est frustrant de s’en passer.

Mais je pense aussi que ce cloud, si il doit se transformer en quelque chose de pérenne, doit être repensé pour réduire les dépendances qu’il crée — dépendance à une marque ou à une autre, dépendance à la mise à jour (trop) régulière des appareils aptes à s’y connecter.

Du moins, c’est que j’ai en tête quand je pense à mes données : si le cloud prétend devenir mon disque dur en ligne, il doit d’abord devenir un disque dur tout court : quelque chose que je peux brancher sur la machine de mon choix, y compris des modèles pas forcément les plus récents. (Il faudrait aussi s’attaquer à la question de la vie privée et de l’intimité. Mais c’est un tout autre sujet, et pas forcément de la façon dont on en parle beaucoup trop souvent…)

C’est caricatural, je sais (d’autant plus que mon exemple du disque dur comme standard tombe à l’eau : de plus en plus de machines n’utilisent plus le format classique de disque dur). Peu importe. J’espère que vous aurez compris que ce billet est une réflexion à voix haute, que je partage avec vous. Aucune conclusion, aucune affirmation. Aucune condamnation.

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